Entre EDF et ses fournisseurs, un très délicat partage des risques
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EDF prévoit de construire six réacteurs nucléaires de type EPR 2. La première paire n'est attendue qu'en 2038.
JOHANNA GERON - reuters
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EDF prévoit de construire six réacteurs nucléaires de type EPR 2. La première paire n'est attendue qu'en 2038.
JOHANNA GERON - reuters
Des câbles pour Lynxeo, des échangeurs tubulaires pour Onet Technologies, des groupes de froid pour Axima, des pompes pour Flowserve, des traversées électriques pour Mirion Technologies… Cette semaine, à l’occasion du World nuclear exhibition (WNE), la grand-messe du nucléaire qui se tenait au parc des expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis), EDF a multiplié les annonces de commandes auprès de ses fournisseurs pour la construction des six futurs EPR 2, ces réacteurs de forte puissance dont le design est présenté comme une évolution du dernier réacteur de Flamanville (Manche). « Ce n’est évidemment pas ici que nous signons les contrats, mais c’est le moment que nous privilégions pour les annoncer officiellement », confie un grand industriel présent sur ce salon.
Du côté d’Axima, filiale du groupe Equans, lui-même racheté par Bouygues à Engie en 2022, on se félicite de l’aboutissement d’un travail de longue haleine. « Cela fait deux ans que nous sommes engagés sur cet appel d’offres », raconte Sophie Corre, la directrice commerciale. L’entité va fournir 30 unités pour les six tranches nucléaires dédiées à l'alimentation des fonctions de ventilation en cas d’accident. Fort de ce contrat, dont le montant n’a pas été révélé, Axima prévoit de construire un nouvel atelier près de Grenoble.
« EDF et ses partenaires sont mobilisés pour réussir le programme EPR2. Avec la signature de ces contrats, nous réaffirmons notre conviction commune : la réussite de ces projets industriels repose sur une supply chain partageant, dans la durée, des standards communs de sûreté, de sécurité, de qualité, de délais et de compétitivité », a commenté Bernard Fontana, le PDG d’EDF par voie de communiqué.
Toutefois, derrière ce ballet d’annonces et cet enthousiasme réel pour certains, la réalité industrielle se révèle bien plus contrastée. En effet, les inquiétudes et incertitudes restent nombreuses. Le calendrier de construction des six EPR 2 a déjà glissé avec une première paire de réacteurs attendue à Penly (Seine-Maritime) en 2038, et non plus en 2035. Le design détaillé de ces nouveaux réacteurs n'a pas encore été arrêté, ni le devis final. Tandis que les discussions autour du financement n'ont débuté que cet été à Bruxelles. Par ailleurs, la programmation énergétique en vigueur prévoit toujours la fermeture de 14 réacteurs.