Tout comme les associations environnementales, la multinationale a aussi de quoi se réjouir du jugement du tribunal de Rouen, qui ordonne la désinstallation du Cape Ann. A l’arrêt depuis plus d’un an, ce navire qui permet d'importer du GNL sur le Vieux Continent constitue un manque à gagner pour l’entreprise. Laquelle attend avec impatience une prise de position du gouvernement.Vendredi 17 octobre dernier, l’association Ecologie pour le Havre (EPLH) saluait une « grosse victoire », celle « du pot de terre contre le pot de fer ». Le tribunal administratif de Rouen venait de rendre son jugement enjoignant le gouvernement d'abroger l’arrêté autorisant l’installation du terminal méthanier de TotalEnergies dans le port du Havre, en Normandie, « dans un délai de deux mois ». Depuis lors, la major pétro-gazière reste mutique sur le sujet et n’a pas manifesté sa volonté de faire appel auprès du Conseil d'Etat. Ce silence n’a rien d’un hasard, car si cette décision pourrait paraître, à première vue, comme une mauvaise nouvelle pour la multinationale, il n’en est rien.
Et pour cause, depuis sa mise en service en octobre 2023, le terminal méthanier Cape Ann est largement sous utilisé et représente donc un manque à gagner certain pour TotalEnergies dans la mesure où le groupe aurait pu le positionner dans un autre port situé dans une autre zone géographique. Là où son taux d’utilisation aurait été bien plus important, générant davantage de revenus. C'est bien là, l'un des grands avantages d'une unité flottante de stockage et de regazéification (ou FSRU en anglais) par rapport aux terminaux méthaniers terrestres, lesquels demandent plusieurs années de construction, puis de démantèlement.
Sous-utilisation chronique
Pour rappel, ce bateau-usine doté d'équipements de regazéification, initialement situé en Asie, avait été ancré dans le port du Havre, afin de sécuriser l'approvisionnement du pays en gaz naturel liquéfié (GNL). Son installation avait été décidée en 2022, dans le contexte de la guerre en Ukraine et des craintes de pénuries d'énergie. Son arrivée avait été très critiquée par plusieurs associations environnementales, dont Greenpeace, qui y voyaient un maintien de la dépendance au gaz naturel, une énergie fossile émettrice de CO2, responsable du réchauffement climatique.