Aides sur les carburants : ce qu'il faut retenir des annonces du gouvernement

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu.
via REUTERS - AFP or licensors - Ian Langsdon

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu.
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« Cette guerre va durer », selon Sébastien Lecornu. Dans le scénario le plus optimiste, le Premier ministre s'attend à un « retour à la normale » du conflit au Moyen-Orient « entre l'été et l'automne ». Et dans les scénarios noirs, une reprise « des conflits, des frappes, des destructions des sites de production d'hydrocarbures, et la fermeture des détroits d'Ormuz et de Bab el-Mandeb. »
Le chef du gouvernement a réaffirmé sa stratégie de « soutien à l'activité et au travail » et le « choix de garder un ciblage important sur celles et ceux qui travaillent » lors d'une conférence de presse à Matignon ce jeudi 21 mai. « On ne change pas de philosophie », mais « on va changer d'échelle », a-t-il ajouté, avant d'annoncer des perspectives « jusqu'à l'automne ».
« On n’a pas fini de subir », a encore déclaré Sébastien Lecornu. Le Premier ministre a annoncé que le gouvernement allait « déployer des moyens pour le soutien de court terme », « mais on n’a pas d’autre choix que d’accélérer l’électrification du pays », a-t-il ajouté. « Les hydrocarbures sont une laisse étrangleuse », a-t-il affirmé.
Il a de nouveau rejeté « toute baisse générale indiscriminée de la fiscalité sur le carburant ». « Ça coûte très cher pour les finances publiques », a-t-il expliqué. « Si une fiscalité devait diminuer, ce serait sur les énergies produites en France », a-t-il dit, avant de faire vœu de transparence sur les marges des distributeurs, « les fameuses cagnottes fiscales » et sur l'approvisionnement.
Répondant aux accusations sur une supposée « manne cachée », le ministre de l'Action et des Comptes publics David Amiel a pour sa part chiffré, entre le 1ᵉʳ mars et le 20 mai, à seulement 10 millions d'euros l'augmentation des recettes de l'État liées au carburant, alors que « les aides déjà apportées s'élèvent à 270 millions » et que « le coût de la guerre se compte en milliards ».
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« Nous allons aujourd'hui apporter un soutien à hauteur d'1,2 milliard d'euros pour les travailleurs et les entreprises qui en ont le plus besoin : 470 millions d'euros d'aides qui ont d'ores et déjà été annoncées, et 710 millions d'euros d'aides nouvelles », a précisé David Amiel lors de cette conférence de presse sur les aides et les conséquences économiques de la guerre.
Dans le détail, le ministre des Transports Philippe Tabarot a annoncé une reconduction du dispositif d'aide forfaitaire pour trois mois pour les secteurs les plus touchés, alors que 2000 demandes d'aides ont déjà été déposées depuis le 12 mars. Cette aide sera de 35 centimes par litre pour les pêcheurs, 15 centimes pour les agriculteurs, et 20 centimes pour les transporteurs et le BTP.
Philippe Tabarot a également dévoilé « un bonus écologique spécifiquement dédié pour les chauffeurs de taxis à partir du 1ᵉʳ octobre pour trois mois », « allant jusqu'à 5 500 euros » pour l'achat d'un véhicule électrique. Cette aide sera réservée aux véhicules électriques « assemblés au sein de l'espace économique européen », a-t-il précisé.
Par ailleurs, le plafond d'aide aux carburants pour les « gros rouleurs », qui sera prolongé de trois mois à partir de juin, « passera de 50 à 100 euros », a déclaré la ministre déléguée chargée de l'Énergie, Maud Bregeon. « C'est une aide qui continuera à cibler trois millions de Français et qui représente un soutien en moyenne de 0,20 euro par litre », a-t-elle ajouté.
Dans la Santé, la ministre Stéphanie Rist a annoncé pour les aides à domicile, en plus de l'aide aux grands rouleurs, deux dispositifs : la revalorisation pérenne des indemnités de frais kilométriques et « la création d'un programme de leasing social » pour permettre à ces professionnels « d'accéder aux voitures électriques ».
Le gouvernement va par ailleurs augmenter « entre le 1ᵉʳ juin et le 31 décembre » les indemnités de déplacement pour les fonctionnaires qui utilisent leur véhicule personnel dans le cadre de leur service, selon le ministre de l'Action et des Comptes publics David Amiel. Cette majoration « représentera l'équivalent d'environ 20 centimes par litre de carburant ».
Le ministre des PME et du Commerce, Serge Papin, a enfin annoncé le doublement du plafond d'exonération fiscale de la « prime carburant » de 300 euros à 600 euros, avec une suppression de conditions de versement. Pour rappel, cette prime permet à l'employeur de prendre en charge tout ou partie des frais de carburant engagés par ses salariés.