Le ministre Serge Papin a rappelé la semaine dernière l'existence de la « prime carburant », « défiscalisée de l'ordre de 300 euros ». Sébastien Lecornu présentera jeudi un « nouveau paquet » d'aides pour juin face à la hausse des prix des carburants.
Qu'est-ce que cette mystérieuse « prime carburant », évoquée par Serge Papin la semaine dernière ? Lundi 11 mai, le ministre des PME, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat a rappelé au micro de BFM Business qu'« il existe, et ça ne se sait pas, une prime carburant qui est défiscalisée de l'ordre de 300 euros ».
Il s'agit d'une prime à disposition « des entreprises qui ont des grands rouleurs dans leurs salariés », a-t-il indiqué. « Quand il y a 15-20 kilomètres pour venir au travail, c'est quelque chose qui peut être activé », a-t-il signalé « aux chefs d'entreprises qui nous écoutent ».
Cette prime permet à l'employeur de prendre en charge « tout ou partie des frais de carburant d'un véhicule et des frais d'alimentation d'un véhicule électrique, hybride rechargeable ou hydrogène engagés par ses salariés », précise le site Service Public Entreprendre. « Cette prise en charge n'est pas obligatoire. [...] Lorsqu'elle est mise en place, elle peut être exonérée de cotisations sociales » et « peut être versée par l'intermédiaire de titres-mobilité ».
Pour rappel, le gouvernement avait relevé le plafond d'exonération fiscale de cette prime à 300 euros par an au 1ᵉʳ janvier 2025, au lieu de 200 euros. Ce plafond de la prise en charge par l'employeur des frais de carburant de ses salariés avait été porté à 400 euros en 2022 et 2023 sur fond de hausse du prix des hydrocarbures, avant de revenir à 200 euros en 2024.
Les nouvelles aides pour juin présentées jeudi
Interrogé sur un éventuel nouveau relèvement de ce plafond, Serge Papin a indiqué que c'était une « discussion », alors que Sébastien Lecornu présentera ce jeudi lors d'une conférence de presse consacrée à l'impact de la guerre au Moyen-Orient un « nouveau paquet » d'aides pour le mois de juin, destinées aux secteurs les plus touchés par la hausse des prix des carburants.
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Ces aides visent à « protéger les Français qui travaillent et les secteurs économiques les plus touchés des effets de la hausse des prix du pétrole et des produits dérivés », selon Matignon dimanche. Leur présentation a été retardée par la crise de l'hantavirus, qui a contaminé une femme en France, tandis que 26 cas contacts sont en « quarantaine renforcée » à l'hôpital.
Contraint à la discipline budgétaire et menacé par une récession, le gouvernement temporise depuis le début de la guerre fin février sur les aides qu'il veut toujours « ciblées » et non générales, écartant toute baisse de la fiscalité.
Sébastien Lecornu a reconnu toutefois début mai que la crise s'éternisait et qu'il fallait dans ce contexte « changer d'échelle », promettant de n'abandonner « personne ». Il avait indiqué la semaine dernière que l'État n'engrangeait plus de surplus fiscaux liés à cette flambée des prix, en raison d'une chute de 30 % de la consommation sur les dix premiers jours de mai.
Le « quoi qu'il en coûte, c'est terminé »
Le gouvernement n'est « pas là pour faire des aides généralisées », parce que le « quoi qu'il en coûte, c'est terminé », a rappelé dimanche sur France 3 le ministre de l'Économie Roland Lescure. « On focalise les aides sur ceux qui en ont le plus besoin et on module en fonction de l'intensité de la crise », a-t-il expliqué.
Roland Lescure a cité quelques nouvelles aides récentes, comme « le prêt flash carburant » pour le secteur du BTP, et des aides à la trésorerie pour les chauffeurs de taxi. Bercy a aussi mis en ligne un simulateur pour tester son éligibilité à l'indemnité carburant de 50 euros destinée aux travailleurs modestes grands rouleurs.
Le prix de l'essence en France s'affichait dimanche au plus haut depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, tant sur le SP95-E10 que sur le SP98, à l'heure où les négociations entre l'Iran et les États-Unis ne présagent pas d'une issue rapide.
6 milliards d'euros d'économies face à la crise du Golfe
Le gouvernement doit par ailleurs donner prochainement le détail des 6 milliards d'euros d'économies annoncées en avril pour faire face à la crise du Golfe.
Un élargissement de la prime Macron (devenue en 2022 prime de « partage de la valeur »), qui permet aux entreprises de bénéficier d'exonérations fiscales, « fait partie des outils que (le gouvernement) regarde », selon Roland Lescure, alors que le patronat s'inquiète d'une éventuelle remise en cause des allègements de charges dans le prochain budget.
Mais « avant d’augmenter de manière généralisée les aides aux entreprises », le patron de Bercy a dit qu'il voulait « voir si les salaires augmentent » et que « pour l’instant ce n’est pas le cas ». La patronne de la CFDT Marylise Léon a appelé samedi à « rouvrir des négociations salariales » dans les entreprises et la fonction publique.