Ce mécanisme extra-budgétaire va bien légèrement renchérir le prix de l’électricité et du litre de carburant mais il ne provoquera pas une flambée des factures. Les CEE présentent, en revanche, de nombreuses limites. Mise au point.« Alors que des millions de nos compatriotes n’arrivent plus à joindre les deux bouts, le Premier ministre va augmenter la taxe sur le carburant, le fioul, le gaz et l’électricité à partir du 1er janvier 2026 », a fustigé ce jeudi matin Jordan Bardella sur le réseau social X. « Chez les Macronistes tout est bon pour frapper fiscalement les Français qui bossent », a poursuivi le président du Rassemblement national, tout en relayant une lettre signée des députés Jean-Philippe Tanguy (RN) et Bartolomé Lenoir (UDR, groupe allié au RN) exigeant la suppression du décret relatif au dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE).
Cet émoi, qui conduit le parti d’extrême droite à commettre de nombreuses inexactitudes, est né des déclarations d’Olivier Gantois, le président délégué général de l’Union française des industries pétrolières (Ufip). Lequel a affirmé, mercredi, auprès de plusieurs médias, que le prix à la pompe allait connaître une hausse comprise entre « 4 et 6 centimes par litre dès 2026 » en raison d’une hausse des volumes des CEE. « Selon nos estimations, sur un plein moyen effectué en France pour un véhicule léger, soit environ 30 litres, cela représente une hausse de l’ordre de 1,50 euro », précise à La Tribune, une porte-parole de l’Ufip. « Il y a donc un impact, mais celui-ci n’est pas si important que cela », poursuit-elle.
Une hausse à la pompe, mais pas d’envolée
« Ce n’est pas rien sur un an, mais ce n’est pas une envolée non plus. Il faut relativiser cette hausse au regard des variations que peut engendrer à la pompe la volatilité des cours du baril », nuance également Nicolas Goldberg, expert en énergie chez Colombus Consulting et co-auteur d’une étude sur le sujet. Cette hausse liée aux CEE pourrait même être compensée par une diminution du prix du baril lors des prochains mois, reconnaît l’Ufip. « Toutefois, on ne peut pas présager des évolutions du cours du baril », précise-t-on.