Comment les producteurs d’engrais américains profitent de la guerre au Moyen-Orient
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Un agriculteur épand de l'engrais azoté sur son champ de blé, à Inchy-en-Artois.
PR/TSA - REUTERS - PASCAL ROSSIGNOL
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Un agriculteur épand de l'engrais azoté sur son champ de blé, à Inchy-en-Artois.
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Parfois, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Alors que les automobilistes du monde entier voient leurs factures de carburant augmenter depuis maintenant plus de deux mois, les entreprises du secteur des engrais azotés (comportant l'urée et l'ammoniac) sabrent le champagne.
Du moins, celles cotées à la Bourse américaine. Depuis le début de la guerre israélo-américaine contre l'Iran, le 28 février, CF Industries a vu son cours de Bourse s'envoler de 27 %, tout comme CVR Partners (+30 %). Et pour cause, ces deux producteurs ont vu leurs bénéfices nets doubler au premier trimestre sur un an.
La hausse de leurs profits vient, comme souvent, d'un alignement des planètes sur leurs activités. Depuis le 28 février, les prix de l'urée américaine transportée par barge à La Nouvelle-Orléans ont bondi de plus de 46 % selon la société de services financiers StoneX. À Paris, la Banque de France prévoit une hausse du coût des engrais de 31 % en 2026 quand bien même la signature d’une paix arriverait rapidement.
La production d'engrais azotés (a contrario des engrais phosphatés ou à la potasse) est particulièrement touchée par le conflit au Moyen-Orient. Depuis son commencement, le détroit d'Ormuz est en grande partie bloqué. Sauf que d'après une analyse de CoBank, trois des dix plus grands exportateurs mondiaux d'urée et trois des dix plus grands exportateurs d'ammoniac dépendent de ce passage.
Surtout, cette famille d'engrais est fabriquée à partir de gaz. Or, le Moyen-Orient est la deuxième plus importante région productrice après les États-Unis. Une production amputée depuis le début de l’offensive américaine, car le Qatar a interrompu ses terminaux méthaniers depuis plusieurs mois.
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Et ce manque de gaz a fait bondir de plus de 50 % son prix sur le sol européen depuis février.
Si le monde ne connaît pas encore de pénurie d'engrais azoté, les stocks étant importants, « les agriculteurs, inquiets par la crise, achètent en masse et sont prêts à les payer plus chers aujourd’hui pour ne pas risquer de manquer au printemps 2027 », explique à La Tribune Christopher Dembik, conseiller économique chez le gestionnaire d'actifs Pictet AM.