Peu connu du grand public, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE joue pourtant un rôle clé dans le quotidien des Français et dans la politique énergétique du pays. À l’heure où sa présidence doit être renouvelée, la perspective d’un parachutage de l’Élysée suscite des interrogations sur la crédibilité et l’impartialité de ses travaux dans un contexte politique très tendu.Qui prendra les rênes de RTE alors que son actuel président, Xavier Piechaczyk, est en partance pour la RATP ? Depuis la rentrée 2026, cette question agite le secteur de l’énergie. Pour le grand public, en revanche, elle passe presque inaperçue : la plupart des Français ignorent même l’existence de RTE, le gestionnaire responsable du réseau de transport d’électricité.
Une discrétion qui tranche avec la notoriété des autres grands acteurs de l’énergie. En France, EDF, Engie et TotalEnergies sont des noms familiers, connus de tous. Même Enedis, le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité, bénéficie (en partie malgré lui) d’une certaine visibilité à la suite des polémiques entourant le déploiement des compteurs connectés Linky. À l’inverse, RTE reste largement méconnu. Et pourtant, derrière ce sigle de trois lettres, se cache une entreprise qui joue un rôle fondamental dans le quotidien des Français, souvent sans qu’ils ne s’en rendent compte.
Un rôle éminemment technique et stratégique
RTE opère un réseau de plus de 100 000 kilomètres de lignes à haute tension, ces câbles suspendus aux immenses pylônes que l’on aperçoit parfois aux bords des routes ou entre deux hangars d’une zone commerciale. C’est, lui aussi, qui s’assure que la production électrique soit, en permanence, égale à l’électricité consommée. Un équilibre indispensable pour que l’électricité puisse être délivrée chaque seconde. C’est également RTE qui développe les interconnexions électriques avec les pays voisins et qui se charge de connecter au réseau les plus grandes installations industrielles et les nouvelles centrales de production électriques les plus puissantes, qu’il s’agisse de centrales nucléaires ou de sites éoliens offshore.