Carburant : le gouvernement va « s'assurer » qu'une chute des cours soit « répercutée à la pompe »
latribune.fr
Le gouvernement va "s'assurer" que la chute de cours du pétrole attendue soit "bien répercutée à la pompe", a déclaré Emmanuel Macron.
REUTERS - Abdul Saboor
Après l'accord de paix entre l'Iran et les États-Unis, le président français Emmanuel Macron a annoncé sur TF1 que le gouvernement s'assurera que la baisse des prix du pétrole soit « répercutée à la pompe » dans les prochaines semaines.
Emmanuel Macron veut rassurer les automobilistes et les entreprises. Le président a annoncé, ce lundi sur TF1, que le gouvernement va «s'assurer» que la chute de cours du pétrole attendue après la conclusion d'un accord entre les États-Unis et l'Iran soit « bien répercutée à la pompe ».
« C'est dans les semaines qui viennent qu'on aura un impact sur les cours », avec une baisse rapide des marchés, mais ensuite, « pour que les chaînes logistiques repartent, ça va prendre quelques semaines », a prévenu le chef de l'État qui préside cette semaine le sommet du G7 à Évian.
Vers 14h40, heure française, le Brent de la mer du Nord reculait fortement (-5,06 %) à 82,91 dollars le baril. Le WTI américain suivait la même tendance (-5,50 % à 80,21 dollars le baril). « C'est de loin le plus bas niveau depuis les premiers jours de la guerre », a commenté Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote.
Ce mouvement « efface en quelques minutes plusieurs semaines de tension sur les marchés de l'énergie qui avaient fait monter le cours du pétrole jusqu'à 119 dollars le 9 mars dernier », souligne Xavier Girard, responsable du Conseil Expert de Milleis.
Par ailleurs, Emmanuel Macron a notamment promis de tout faire avec ses partenaires « pour qu'il n'y ait pas de péage » iranien dans le détroit d'Ormuz où transite un cinquième de la production mondiale d'hydrocarbures.
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Alors que plusieurs médias affirment que l'Iran pourrait imposer des droits de passage sur le détroit, le président français a expliqué qu'une telle mesure serait contraire au droit international et aurait pour conséquence de faire « monter les prix pour la terre entière ». « Donc là, on va aussi en discuter », a-t-il ajouté. « Aujourd'hui, ils (les Iraniens) jouent sur les mots. Ils disent "ce sont pour des services". On va regarder », a-t-il également déclaré.
Débloquer le détroit, une priorité pour Emmanuel Macron
« Déjà, la priorité, c'est de le rouvrir, c'est de faire sortir les centaines de bateaux, de porte-conteneurs, de tankers (...), les équipages (...) », a-t-il dit. Emmanuel Macron a en outre assuré que le porte-avions français Charles de Gaulle « peut être déployé dans les deux ou trois jours » dans le détroit d'Ormuz si l'accord est bien confirmé, afin d'aider à rouvrir le détroit dans le cadre d'une mission internationale.
Pour l'heure, la priorité, c'est qu'il y ait « un accord solide et sérieux qui soit finalisé » entre Washington et Téhéran, a estimé le président français.
L'épineuse question du nucléaire iranien
Mais il faudra aussi négocier sur le programme nucléaire iranien, a-t-il poursuivi, en s'assurant que le stock d'uranium hautement enrichi présent en Iran soit neutralisé sous supervision de l'agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a-t-il dit.
S'agissant des 450 kg d'uranium enrichi à 60 %, un seuil proche du taux de 90 % d'enrichissement nécessaire à la fabrication d'une bombe nucléaire, « soit il faut le sortir, soit le diluer », a-t-il affirmé, alors que des informations circulent sur la possibilité que ce stock soit entièrement dilué en Iran.
« Ensuite, il faut s'assurer qu'il y aura un contrôle de cette agence (AIEA) pour que les Iraniens ne puissent pas, dans les mois et les années qui viennent, se réorganiser pour refaire de l'uranium enrichi et construire des armes avec », a-t-il insisté.
L'Iran sera donc largement au menu des débats de ce G7 qui commence lundi, en particulier mardi lors d'un déjeuner de travail avec les pays membres (Allemagne, Canada, France, États-Unis, Italie et Royaume-Uni) et en présence de l'Égypte, des Émirats arabes unis et du Qatar.