Alors que les tensions géopolitiques s’exacerbent et que l’atome civil retrouve une place centrale dans les politiques énergétiques mondiales, sécuriser l’approvisionnement en uranium naturel, aujourd’hui nécessaire à la fabrication des combustibles utilisés dans les centrales, devient un enjeu clef pour les pays nucléarisés. C’est d’ailleurs dans cette perspective que la France a donné le coup d’envoi d’un nouveau programme industriel, articulé autour du développement de réacteurs de quatrième génération et de nouvelles installations dédiées aux combustibles nucléaires. Objectif : ne plus recourir à l’uranium naturel pour alimenter les centrales d’EDF d’ici la fin du siècle.
En attendant, Nicolas Maes, le directeur général d’Orano, se veut rassurant sur la disponibilité des ressources en uranium naturel. « L’équilibre offre-demande, d’un pur point de vue industriel, lequel correspond aux besoins des électriciens versus la production des mines, est relativement stable et ok pour les années qui viennent », a-t-il avancé lors d’un échange avec quelques journalistes mi-février. Mais « s’ajoutent à ces demandes la constitution de stocks par un certain nombre d’électriciens et de pays, et une demande extrêmement difficile à prévoir de fonds financiers qui interviennent sur le marché, comme Sprott et Yellow Cake [dont le nom fait référence à l’uranium très concentré que l’on retrouve sous forme d’une poudre jaune, ndlr] ».