Illustration de barils de pétrole devant un graphique boursier. /Illustration diffusée le 15 janvier 2024/REUTERS/Dado Ruvic - Illustration de barils de pétrole devant un graphique boursier - GLOBAL-OIL
Le cours du Brent a perdu 16% en 2025 et celui du WTI plus de 18%. Malgré un léger redressement cette semaine, les fondements du marché n'évoluent pas et 2026 s'annonce comme une nouvelle année de surproduction.
Sans euphorie particulière, le brut léger américain WTI (West Texas Intermediate) a signé sa meilleure performance hebdomadaire depuis octobre. A un peu plus de 58 dollars, le baril affiche ses premières bougies vertes (+3 %) après un passage sous les 55 dollars il y a dix jours, une première depuis 2021. Les cours du Brent suivent la même trajectoire : ponctuellement émus par les aléas géopolitiques, mais où chaque hausse restent contenue par un marché déséquilibré.
Venezuela et frappe au Nigeria
Il y a un an le WTI s’échangeait à 70 dollars, un prix encore acceptable pour les actionnaires des majors. C’est dire si l’année fut éprouvante pour un marché pétrolier soumis aux aléas trumpiens et à une surproduction structurelle. Le point le plus haut de 2025 a été atteint… dès le 13 janvier, une semaine avant l’investiture du président américain. Pour les producteurs américains, la reprise tactique de ces derniers jours n’offre pas un espoir à long terme, mais un répit le temps des fêtes. Les menaces américaines sur le Venezuela et la posture martiale de Donald Trump à l’égard du régime de Nicolas Maduro sont les principaux moteur de la modeste hausse.
Depuis le 17 décembre, l’armée américaine en mouillage au large du Venezuela barre la route à une vingtaine de pétroliers sous sanction. Pour autant, la réaction du marché est restée mesurée. En dépit de l’ampleur des réserves vénézuéliennes, le pays ne pèse aujourd’hui que marginalement dans l’équilibre mondial - moins de 1% de la production - limitant mécaniquement l’impact sur les prix. D’autant plus qu’avec une poignée de pétroliers bloqués, la grande majorité des flux commerciaux se poursuivent sans entrave et contiennent la hausse observée ces dernières semaines. De même pour les frappes menés cette nuit par l’armée américaine contre l’Etat islamique au Nigéria, qui peuvent émouvoir ponctuellement le marché sans le déstructurer. « Les frappes nigérianes vantées par Trump ciblent l'État islamique et n'ont pas spécifiquement d'impact sur les pipelines de pétrole brut ou les terminaux pétroliers. Ainsi, les traders restent sur la touche sur ce marché de liquidité mince le lendemain de Noël », a déclaré à Reuters June Goh, analyste principale du marché pétrolier chez Sparta Commodities.
Vers un marché excédentaire en 2026
Si la géopolitique capte l’attention, le prix du pétrole reste avant tout dicté par les fondamentaux classiques : une offre toujours excédentaire et une demande mondiale atone. Entre 106 et 108 millions de barils sortent des raffineries chaque jour pour une consommation aux alentours de 105 millions. Les stocks flottants sont au plus haut depuis la période du Covid-19. Si, dans ses derniers rapports, la Bank of America dit s’attendre à une hausse de la demande de l’ordre d’un million de baril par jour, l’offre (hors OPEP+) devrait également augmenter de 800 000 barils, maintenant ainsi le déséquilibre pour 2026.
Dans ce contexte, le regain de ces derniers jours sent bon la trêve des confiseurs. Pour le WTI particulièrement, le baril se heurte à la barrière des 60 dollars, et les opérateurs attendent un signal clair, sans que celui-ci ne se manifeste encore pleinement.
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.
A la pompe, l'essence à son plus bas depuis 3 ans
Conséquence de la baisse des cours de l'or noir, le prix à la pompe a connu son point le plus bas la semaine dernière depuis 3 ans, selon des données compilées par le gouvernement consultées vendredi par l'AFP, dans la foulée de cours du pétrole en berne. Le litre de super SP95-E10, essence la plus vendue, se vendait à 1,5992 euro, selon une moyenne établie par le ministère de la Transition écologique au 19 décembre dernier, soit son plus bas niveau depuis octobre 2022. Même tendance pour le SP95 et le SP98. Néanmoins, en raison de la hausse du dispositif des certificats d'économie d'énergie (CEE), les pétroliers français ont averti que les carburants augmenteraient de 4 à 6 centimes le litre à compter du 1er janvier.