Gaz : Bruxelles appelle les Etats européens à moins remplir leurs stocks pour l'hiver prochain
latribune.fr
Dans un courrier adressé aux Etats, le commissaire européen à l'énergie Dan Jorgensen souligne " l'impact considérable " de la guerre sur les marchés mondiaux du pétrole et du gaz.
Dans un courrier, le Commissaire européen à l'Energie Dan Jorgensen invite les Etats membres à viser un objectif de remplissage de 80% de leurs stocks pour l'hiver prochain et non de 90%. Objectif : relâcher la pression sur les prix.
La Commission européenne a appelé les Etats européens à réduire leurs objectifs de remplissage de gaz pour l'hiver prochain, afin d'atténuer la pression sur les prix, qui s'envolent avec la guerre au Moyen-Orient.
Dans un courrier adressé aux Etats et consulté par l'AFP samedi, le commissaire européen à l'énergie Dan Jorgensen souligne « l'impact considérable » de la guerre sur les marchés mondiaux du pétrole et du gaz.
Activer les « flexibilités » autorisées par l'UE
Dans ces circonstances, ce responsable de l'UE suggère aux Etats d'utiliser les « flexibilités » autorisées par la législation européenne. Au lieu de remplir leurs stocks de gaz à 90% pour l'hiver prochain, le niveau requis habituellement, l'UE appelle les Vingt-Sept à viser un objectif de remplissage de 80% seulement, afin de « rassurer les acteurs du marché ».
« Les récents développements indiquent qu'il pourrait falloir plus de temps pour que la production qatarie de gaz naturel liquéfié (GNL) revienne aux niveaux connus avant la crise », écrit Dan Jorgensen. « La sécurité d'approvisionnement de l'Union européenne reste relativement protégée à ce stade, en raison de sa dépendance limitée aux importations en provenance de cette région et des cargaisons de GNL ayant traversé le détroit d'Hormuz avant le conflit », rassure-t-il. « Mais, en tant qu'importateur net d'énergie sur les marchés mondiaux, les prix mondiaux élevés et volatils qui en résultent pourraient également affecter les injections de gaz dans les stocks de l'UE », indique-t-il.
La directrice générale d'Engie se montre rassurante
Alors que 20% du Gaz naturel liquéfié (GNL) transite par le détroit d'Ormuz, bloqué de facto depuis le début du conflit, les prix du gaz se sont envolés. Sur le marché européen, le TTF, le cours a augmenté au-delà de 60 euros du mégawattheure (MWh) et a clôturé hier autour de 50 euros. Malgré l'ampleur de cette flambée, le niveau de prix reste bien inférieur à celui observé en 2022 où le gaz s'était rapproché de 320 euros du MWh.
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«Avec la fermeture du détroit d’Ormuz pendant sixmois, on arriverait quand même à remplir nos stocks de gaz jusqu’à 70% avant l’hiver», a estimé Catherine MacGregor, la directrice générale d'Engie, dans un entretien accordé au Monde et publié vendredi. Selon la dirigeante, les nouvelles capacités de liquéfaction, qui doivent être mises en service en 2026 aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique, « vont aider à absorber le choc ».
Catherine MacGregor estime que la situation provoquée par le conflit en Iran « est loin d’être aussi inquiétante que lors du déclenchement de la guerre en Ukraine ». Toutefois, selon elle, pour éviter d’accélérer l’emballement des prix, « les gouvernements européens doivent se garder de prendre des mesures d’urgence et d’intervenir sur les marchés, malgré les craintes de voir se développer une bataille mondiale pour legaz naturel liquéfié (GNL) ».