Précarité énergétique : encore 1,2 million d’interventions pour factures impayées en 2025

Le nombre d’interventions a baissé par rapport à 2024 (-3,7 %), premier repli depuis cinq ans (photo d'illustration).
© neelam279, Pixabay

Le nombre d’interventions a baissé par rapport à 2024 (-3,7 %), premier repli depuis cinq ans (photo d'illustration).
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Plus d’un tiers (36 %) des ménages français reconnaissaient à l’automne rencontrer des difficultés pour payer leurs factures d’énergie. Pas étonnant donc que les interventions pour impayés soient toujours à un niveau élevé : il y en a eu 1,2 million en 2025, selon les chiffres annuels publiés ce mardi par le médiateur national de l’énergie.
Le nombre d’interventions a toutefois baissé par rapport à l’année précédente, de -3,7 % (1,25 million). C’est même le premier repli depuis cinq ans. Il faut dire que, après la pandémie de Covid-19 en 2020, la reprise de l'activité économique puis le déclenchement de la guerre en Ukraine avaient entrainé un bond des coûts énergétiques particulièrement important et donc une pression accrue sur les ménages.
Dans le détail, la mesure majoritairement appliquée aujourd’hui en cas d’impayé est une limitation de puissance en électricité. Près de 948 000 ont été actées en 2025, 10 000 de plus sur un an. Les coupures d’électricité ont, elles, baissé, passant de presque 204 000 en 2024 à 144 000 en 2025 (-30 %), quand les coupures de gaz ont légèrement augmenté, de 105 000 à 109 000 (+4 %).
Ce faible recul ne compense pas les fortes hausses des quatre années précédentes. Les interventions pour impayés s’affichent, en 2025, en augmentation de +79 % par rapport à 2019 (672 400 interventions).
La tendance est toutefois très différente comparée à six ans en arrière, où les coupures étaient plus nombreuses que les limitations. Les coupures d’électricité et de gaz ont en effet respectivement diminué de -49 % et -8 % entre 2019 et 2025, alors que les limitations ont été multipliées par 3,5 (+245 %).
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Une évolution saluée par le médiateur de l’énergie car les limitations sont « plus supportables pour les foyers qui les subissent que les coupures d’électricité », indique-t-il dans un communiqué. Il faut même aller encore plus loin selon lui, vers « l’interdiction totale des coupures d’électricité pour impayés, quelle que soit la période de l’année, avec la garantie d’un niveau minimal de fourniture pour tous ».
Lorsqu’une mesure de limitation est décidée, cela signifie que la puissance électrique dans le logement est réduite à 1 kilovoltampère. « Cette puissance vous assure un service minimum en attendant la régularisation de votre situation : utilisation de l’éclairage, fonctionnement d’un réfrigérateur et d’un congélateur, ou encore recharge d’appareils électroniques », met en avant EDF sur son site internet.
Ce que ne précise toutefois pas l’énergéticien, c’est que les ballons d'eau chaude électriques dépassent généralement cette limite et « les chauffages électriques encore plus », indiquait la directrice générale des services du médiateur national de l'énergie, Frédérique Feriaud, à l’automne 2024. Puissance réduite veut aussi dire plus de machines à laver et la nécessité d'aller à la laverie. Ou encore un disjoncteur qui saute souvent dans les premiers jours, le temps de comprendre quels appareils peuvent être utilisés. Ce qui se révèle finalement non pas « mieux » mais « moins pire » qu’une coupure totale.