La France se veut offensive en la matière : réduire 80 % des émissions de gaz à effet de serre de son industrie d'ici à 2050 met en avant Bercy. Le gouvernement a déjà franchi une étape importante en parvenant à convaincre ces dernières semaines le sidérurgiste ArcelorMittal d'investir 1,3 milliard d'euros dans la fabrication d'un four électrique pour produire de l'acier bas carbone dans le nord du pays. À partir de 2030, celui-ci remplacera pleinement le haut-fourneau numéro 3 du site de Dunkerque.
De fait, ArcelorMittal va réduire les émissions du site industriel le plus polluant de France, avec 8,5 millions de tonnes émises en 2024. Ce qui représente 14 % des émissions de l'industrie tricolore, ou dans une autre mesure 2 % des émissions totales du pays. En parallèle, nombreux sont les « membres » du club des 50 sites industriels les plus polluants du pays, dont fait partie ArcelorMittal Dunkerque, à miser sur la captation carbone, à défaut de pouvoir décarboner certains procédés de fabrication. « Depuis 18 mois, la filière française en la matière s'est beaucoup structurée », se félicite l'entourage du ministre délégué à l'Industrie, Sébastien Martin.
Preuve de ce dynamisme, le consortium C4Capture (composé d'Aluminium Dunkerque, Fives, Trimet France et Rio Tinto) – a lancé mi-janvier les essais pilotes en conditions réelles de sa technologie de captation du CO₂, sur les sites d’Aluminium Dunkerque et de Saint-Jean-de-Maurienne. Après cette année complète d'expérimentation, le principal producteur d'aluminium primaire en Europe compte réduire de 50 % ses émissions de GES hors énergie dès 2030 grâce à cette technologie. D'autres, à l'image du cimentier Vicat, ont plus de recul sur le sujet.