Dans un contexte social sinistre pour l’industrie automobile française, le Sénat s’empare du sujet. La chambre haute du Parlement vient de présenter un rapport avec une vingtaine de mesures d’urgence pour préserver la filière. L’obligation d’un contenu européen minimum est sur la table, mais pas seulement.
L’avenir de la filière automobile française s’écrit-il hors de nos frontières ? À en croire les annonces du groupe Stellantis d’investir 13 milliards de dollars aux États-Unis pour y doper ses capacités de production, ou encore l’officialisation d’une collaboration entre l’équipementier OPmobility avec le constructeur chinois Chery, la réponse semble oui. « Nous allons vers un crash si rien n’est fait », alerte le sénateur LR Alain Cadec.
En jeu ? 350 000 emplois directs en France et 800 000 en prenant en compte l’aval, selon ses calculs. Dès lors, le sénateur, avec deux autres homologues, vient de rendre un rapport sénatorial sur l’avenir de la filière automobile en France. Celui-ci repose sur 18 recommandations, après une trentaine d’auditions. Et certaines des mesures souhaitées risquent d’agiter la filière.
La haute chambre du Parlement français appelle l’Europe à imposer au moins 80 % de contenu local dans les voitures vendues sur le continent. « Cette mesure doit prendre en compte des composants autres que les batteries. Les constructeurs extra-européens doivent comprendre que nous ne sommes pas seulement un continent de consommateurs, mais un continent de producteurs », peste Annick Jacquemet (Union centriste), rapporteuse.
Cette dernière appelle aussi à imposer un minimum de 40 % de contenu européen dans les batteries de ces mêmes véhicules. Sans ça, il faudra réfléchir à des droits de douane « très importants ».
Il y a quelques semaines, le directeur général de l’équipementier Valeo, Christophe Périllat, a appelé, dans une interview accordée à La Tribune Dimanche, à mettre en place une telle mesure. La Commission européenne ne cache pas y réfléchir. Reste à déterminer les modalités d’application d’un tel contenu européen sans froisser certains constructeurs automobiles déjà peu enclins à se voir imposer de l’acier européen, plus cher que l’acier chinois. Dès lors, des investisseurs asiatiques n’hésitent pas à se porter acquéreurs d’équipementiers français afin d’anticiper cette législation.
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