Vencorex, GMD et Safra : trois industries françaises emblématiques sont récemment passées sous pavillon chinois. Ces opérations apparaissent comme un enjeu de survie pour l’économie de l’empire du Milieu, soucieux de préserver ses débouchés commerciaux en Europe.Certains pans de l'industrie française vont-ils avoir des accents chinois dans un futur proche ? Ces derniers jours, trois industries françaises emblématiques ont été acquises par des industriels ou investisseurs chinois. Tout d'abord, le site d'industrie chimique Vencorex, repris partiellement à la barre du tribunal de commerce de Lyon par Wanhua. Peu de temps après, le sous-traitant automobile GMD, surendetté mais fort d'une quinzaine d'usines et doté de 5 000 collaborateurs en Europe, a été sauvé par la société chinoise DSBJ.
Dernièrement, c'est Safra, le fabricant de bus à hydrogène et spécialiste de la rénovation lourde de véhicules de transport de personnes, qui a été récupéré à la barre du tribunal de commerce d'Albi par le Chinois Wanrun. Faut-il alors craindre une razzia chinoise sur les entreprises industrielles françaises ?
« Bien évidemment il faut éviter tout pillage de notre industrie. Toutefois, dans ce type de procédure, quand votre seul candidat à la reprise d'une entreprise défaillante est chinois et que vous avez le choix entre la fermeture du site ou le maintien d'un certain nombre d'emplois en France, il faut adopter une approche pragmatique et procéder à une analyse à froid du projet et du contrefactuel qu'est la liquidation [...] Quant à Safra, Vencorex et GMD, il faut éviter d'instrumentaliser ces dossiers car il s'agissait de sociétés fragiles, voire en grande difficulté pour les deux premières », nuance l'entourage du ministre de l'Industrie et de l'Énergie, Marc Ferracci.
Les PGE, « un boulet au pied » des entreprises
Seulement, ces situations devraient se multiplier à l'avenir, des observateurs constatant un regain d'intérêt chinois pour les entreprises hexagonales. Et pour cause, des acteurs industriels français se retrouvent en partie fragilisés par trois lettres : PGE. Contractés pendant la crise sanitaire, ces prêts garantis par l'État ont certes sauvé des entreprises - et donc des emplois - de la faillite, mais le remboursement sur cinq ans de cette dette non productive met à mal certains industriels.