L'usine Renault de Cléon confrontée à une montée en cadence plus lente que prévu
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Depuis la petite Zoe, la montée en cadence est lente.
Renault Cléon
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Depuis la petite Zoe, la montée en cadence est lente.
Renault Cléon
La direction s'applique à rassurer
C’était jour de fête mardi dans l’usine de Cléon (Seine-Maritime) où le top management de Renault et d’Ampère procédait à l’inauguration de la nouvelle ligne d’assemblage ultra-moderne des moteurs électriques de la future Alpine A390. « Nous célébrons une dynamique tournée vers l’avenir », se félicitait Christophe Clément, le patron de l’usine juché sur une estrade surplombant le nouveau modèle de la marque au A.
Dans les rangs salariés pourtant, l’atmosphère ne semblait guère empreinte d’optimisme. Pour cause. Avec une capacité maximale de 20.000 moteurs par an -6.000 au démarrage-, ladite ligne occupera tout au plus une quarantaine de personnes à plein régime. Autant dire qu’elle ne suffira pas à regonfler les effectifs passés de plus 5000 salariés en 2018 à 3100 aujourd’hui. Pas plus qu’elle ne permettra de saturer un carnet de commandes plombé par les méventes des véhicules à batteries et l’effacement progressif de la motorisation thermique.
En l’espace de quinze ans, le site aura fabriqué un million de moteurs électriques. A peine plus que ce qu’il assemblait en une seule année, du temps où il était un temple du moteur à explosion. De facto, depuis la petite Zoe, la montée en cadence est lente. Même si ses équipes se préparent à doubler la production des moteurs des R5 et R4 (de 120.000 à 240.000/an), les volumes demeurent très en deça de ce sur quoi tablait la firme au losange. Au point que la CGT pointe un risque de délocalisation.
Face à ses inquiétudes, les dirigeants du groupe se sont appliqués à rassurer lors de leur visite. « La France est plus que jamais au cœur de notre stratégie. Il n’y a pas de remise en cause de nos efforts même si le marché n’est pas à la hauteur », a promis devant les salariés le nouveau directeur général d’Ampere. Josep Maria Recasens n’en pas moins reconnu que « l’environnement (était) très dur pour l’automobile européenne ».