Alors que le marché de la construction fait de plus en plus appel à des matériaux décarbonés, les industriels Liebot et Fineiral, spécialistes de la menuiserie et de l’extrusion, misent sur une solution locale avec Coralium, la première fonderie française d’aluminium bas-carbone.À l’approche de l’usine Coralium, le site impose par ses dimensions. Le bâtiment de 9.600 mètres carrés s’étale sur un terrain de 70.000 mètres carrés bordé de champs à perte de vue. Sa particularité ? « II s’agit de la première fonderie d’aluminium bas-carbone capable de trier sur un même site tous types de déchets aluminium », se félicite Christian Chevrel, directeur général des activités amont du groupe Liébot. Cet industriel vendéen, qui s’affiche comme le leader de la fenêtre et de la façade, s’est associé au groupe voisin Fineiral, le spécialiste du traitement de l’aluminium, pour imaginer ce site « unique » en France. Son inauguration a eu lieu ce 16 septembre à Saint-Hermine (Vendée), quatre ans après le lancement du projet.
Labellisé France 2030, ce projet présenté comme stratégique a nécessité un investissement de 42 millions d’euros, contre 30 millions d’euros prévu initialement. Une enveloppe en partie soutenue par des aides de l’État à hauteur de neuf millions d’euros (5,4 millions d’euros de subvention et 3,6 millions d’euros de prêts). L’usine est détenue à 60 % par le groupe Liébot, propriétaire des sociétés K-Line et Ouest Alu, et à 40 % par le groupe Fineiral fondé par la famille Corre, à la tête des entités Alumnia, Reinal et Algis.
Produire 40 000 tonnes d’aluminium bas-carbone à horizon 2027
Après une première coulée réalisée en juin dernier, la fonderie Coralium est désormais opérationnelle. Mais elle n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière. « Dès 2026, elle produira 26.000 tonnes d’aluminium bas carbone sous forme de billettes (bloc d’aluminium cylindrique destiné à l’extrusion de profilés d’aluminium, NDLR), à raison de 300 tonnes par semaine. Soit un gisement équivalent à plus d’un million de menuiseries aluminium décarbonées (fenêtres, portes d’entrée...) quand le marché français en produit trois millions », poursuit Christian Chevrel.