Industrie : la Fondation Jean-Jaurès prône une spécialisation des territoires
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

L'uine Ami Metals dans l'Ariège.
Rémi Benoit
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

L'uine Ami Metals dans l'Ariège.
Rémi Benoit
En quarante ans, la part de l’industrie dans le PIB a fondu, passant de 28 % en 1980 à seulement 16,4 % en 2020. Mais derrière ce recul global se cache une fracture territoriale brutale. Tandis que le Bassin parisien subit une déprise structurelle depuis 2006, d’autres zones voient, elles, émerger de nouveaux pôles de croissance.
Les auteurs d'une note publiée ce lundi 23 février par la Fondation Jean-Jaurès, Louis-Samuel Pilcer et Matilin, soulignent ce paradoxe : l’État célèbre des inaugurations d’usines tout en publiant des communiqués déplorant des plans sociaux la même semaine. Ce manque de lisibilité traduit une mutation profonde. L’automobile, par exemple, a perdu 44 % de ses effectifs entre 2004 et 2022, victime de délocalisations massives — la part de production française des constructeurs nationaux est tombée de 64 % en 2003 à 31 % en 2019. À l’inverse, des secteurs comme le luxe ou l’aéronautique affichent une santé insolente, créant des dizaines de milliers d’emplois.
La note se montre particulièrement sévère envers les politiques de compétitivité dites « horizontales ». Le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), malgré son coût massif, est jugé inefficace pour l’industrie. Une évaluation de France Stratégie confirme que l’essentiel des créations d’emplois associées a bénéficié aux services, avec un impact « non significatif » sur le secteur productif.