À deux jours de la date limite du dépôt des offres pour la reprise des actifs de Brandt, après la liquidation du groupe d’électroménager en décembre, la jeune entreprise bretonne s’est positionnée sur la reprise de l’une des deux usines de l’ancien industriel. Néanmoins, des doutes existent sur les réelles capacités financières d’EverEver, qui a déjà des difficultés à boucler une levée de fonds de trois millions d’euros pour son usine à Vannes.N’est-ce pas avoir les yeux plus gros que le ventre ? La jeune pousse bretonne EverEver a créé la surprise mardi 27 janvier en annonçant le dépôt d’un projet de reprise de certains actifs de l’ancien groupe d’électroménager Brandt, y compris ses marques De Dietrich, Vedette et Sauter. Son intérêt porte plus particulièrement sur l’usine historique de Vendôme (Loir-et-Cher) et son activité de cuisson (four, plaques, micro-ondes).
Depuis la liquidation judiciaire de l’ancien groupe et la disparition de plus de 700 emplois industriels en France, les actifs de cette marque emblématique de l’industrie française suscitent de nombreuses convoitises comme l’a révélé La Tribune il y a quelques jours. Bâti sur un plan d’investissement à trois ans de l’ordre de 14 millions d’euros, selon le scénario optimiste, le dossier de reprise proposé par EverEver veut convaincre par « l’ambition de relancer à Vendôme une activité industrielle ». Son fondateur Martin Hacpille entend développer à l’horizon 2029, « un site structuré, capable de soutenir durablement la production de 190 000 unités, soit un peu plus de la moitié de ce que produisait Brandt en 2024, avec près de 150 emplois ».
À Bercy, on appelle ces derniers jours à la retenue et à la vigilance auprès des protagonistes dans ce dossier, en particulier pour ne pas générer de faux espoirs chez les anciens salariés de Brandt. Par ailleurs, des interrogations demeurent sur les réelles capacités financières et industrielles de cette jeune entreprise bretonne fondée en 2018. Bien qu’elle soit en partie soutenue par l’équipementier automobile, Trèves Group et lauréate de l’appel à projets Première usine du plan France 2030.
Une levée de fonds qui tarde à se boucler
Pour financer la reprise des actifs de Brandt, dont la liquidation est assurée actuellement par les mandataires judiciaires Marc Sénéchal et Pierre Bourion du cabinet BTSG, EverEver compte s’appuyer sur une levée de fonds sur la plateforme participative Sowefund. Or, celle-ci accueillait déjà depuis novembre dernier une collecte destinée à concrétiser le projet industriel d’EverEver de création d’une usine à Vannes, et grâce à laquelle l’entreprise a pour l’instant levé 977 362 euros.