Le SUV coupé électrique Polestar 4 exposé à Melbourne (Australie) en juin.
Alexander Bogatyrev / SOPA Image - Alexander Bogatyrev / SOPA Images - Alexander Bogatyrev / SOPA Image
Le site coréen de Busan, propriété de Renault depuis 25 ans, lance la fabrication de la Polestar 4 pour le compte de la firme chinoise. Il y a un an, le Français y lançait la production du SUV Grand Koleos, étroitement dérivé d’un modèle Geely. Au risque de servir de cheval de Troie.
Étrange destin pour l’aventure coréenne de Renault ! Ce qui devait être le pays phare en Asie pour l’internationalisation du constructeur français se transforme en cheval de Troie pour l’industrie auto chinoise. Paradoxe : le site phare Renault de Busan démarre la production d’une voiture pour le compte du Chinois Geely, destinée au marché coréen mais surtout à l’Amérique du Nord.
Cette usine, achetée par Renault en 2000, a débuté en effet cet été la fabrication de la Polestar 4, un grand SUV coupé long de 4,80 mètres, d’une marque détenue conjointement par Geely et Volvo. Ce dernier est contrôlé (à 82% aujourd’hui) par le Chinois depuis 2010.
La Polestar 4 n’est pas un coup d’essai. Renault produit en effet depuis un an (26 200 unités en 2024) un grand et luxueux SUV, le Grand Koleos, dérivé du Geely Monjaro chinois…. Le pis c’est que ce Grand Koleos est carrément vendu sous la marque Renault et exporté par cette dernière vers plus de trente pays. La marque tricolore n’hésite pas à mettre en exergue dans son dossier de presse « une unique expérience combinant le design Renault avec l’ingénierie coréenne ». Voire.
Pas de percée en Corée
Quel épilogue pour une aventure coréenne amorcée il y a 25 ans ! Le PDG de Renault à l’époque, Louis Schweitzer, avait en effet décidé de reprendre les activités automobiles du champion de l’électronique grand public Samsung, en déshérence.
La firme française avait du coup racheté l’usine toute neuve de Busan, construite avec l’aide des ingénieurs de Nissan, avec qui Renault venait de s’allier l’année précédente. Ce site n’avait jamais servi, Samsung ayant renoncé devant la crise asiatique de la fin des années 1990 à se lancer dans l’automobile. La Corée devait donc devenir le fer de lance des activités de Renault dans l’Asie-Pacifique (hors du Japon).
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