Dans une fin d'année 2025 pour l'industrie marquée par la multiplication des plans sociaux, voire la fermeture d'usines, un mot est revenu à plusieurs reprises dans certains dossiers : SCOP pour société coopérative et participative, où les salariés sont aussi les actionnaires et au sein de laquelle les décisions sont prises de manière collégiale. « Les salariés ne voulaient pas de repreneurs, ils voulaient devenir propriétaires de leur outil de production, et savoir où va le cash », raconte Roxanne Creutz, la gérante de la SCOP La Meusienne. Cette PME de 40 collaborateurs sociétaires est devenue une Scop au cours de l'été 2024, sur décision de justice, après plusieurs années de gestion par des fonds de retournement.
Fabricant de tubes en inox avec un savoir-faire spécifique, notamment pour les secteurs de l'agroalimentaire, de la distribution de l'eau ou pour les échangeurs de chaleur, l'exemple de La Meusienne n'est pas un cas isolé. Selon l'Union sociale des SCOP et des SCIC (société coopérative d'intérêt collectif), elles seraient environ 300 sociétés industrielles sous ce statut en France. La plus importante d'entre elles n'est autre qu'Acome, un fabricant de câbles en partie pour l'automobile, le BTP et les télécoms, qui emploie 1 000 salariés dans son usine de Romagny-Fontenay (Manche). Celle-ci vise le milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2030.