INTERVIEW. Le spécialiste des questions industrielles et professeur au Cnam dénonce le contour géographique des mesures proposées par Bruxelles dans son Industrial Accelerator Act. Olivier Lluansi appelle à une prise de conscience des pouvoirs publics français sur la situation de son industrie.La Tribune – Le salon Global Industrie ouvre ce lundi dans un contexte pour le moins complexe pour l'industrie, entre fermetures d'usines plus nombreuses que les ouvertures, concurrence chinoise accrue et tensions sur les prix de l'énergie. À quoi faut-il s'attendre pour les usines tricolores en 2026 ?
Olivier Lluansi – Effectivement, il arrive dans une période morose. La France a détruit 20 000 emplois manufacturiers nets au cours de l'année 2025. Nous sommes dans une phase de contraction de notre outil productif et des crises comme la guerre au Moyen-Orient ne vont pas contribuer à améliorer la situation. Il est néanmoins encore trop tôt pour bien analyser les conséquences de ce conflit sur l'industrie française et européenne, notamment sur le coût des énergies. Il y aura un effet réel, certainement sur les chaînes de valeur, mais avec un temps de retard.
Quant à Global Industrie, c'est un salon dont le rayonnement se développe année après année. L'objectif est de faire un équivalent au Salon de l'Agriculture, où professionnels et grand public se mêlent. Je considère que le président de la République doit se rendre tous les ans à Global Industrie car un chef de l'État ne rate jamais une édition du Salon de l'Agriculture. Cela montre encore tout le chemin à parcourir pour l'industrie, mais elle revient de très loin.
Bpifrance vient de dévoiler son baromètre industriel de l'année 2025. Celui-ci fait état de 245 ouvertures de sites industriels pour 244 fermetures de sites industriels. Une situation d'équilibre légèrement à contre-courant d'autres données sur le sujet. Comment analysez-vous ce rapport ?