Les États-Unis mobilisent 12 milliards de dollars pour constituer une réserve stratégique de minéraux critiques. Baptisé « Project Vault », ce dispositif vise à sécuriser les industries de pointe face au quasi-monopole de Pékin sur la chaîne de valeur.Washington a confirmé ce lundi 2 février 2026 la création d’une réserve de terres rares et de minéraux critiques d’une valeur totale de 12 milliards de dollars. Le « Project Vault » (projet coffre-fort) marque une étape décisive dans la stratégie de découplage menée par l’administration américaine. Il s’agit de protéger les constructeurs et les entreprises technologiques des chocs d’approvisionnement orchestrés par la Chine, qui contrôle aujourd’hui l’essentiel du marché mondial.
Un montage financier record via l’EximM Bank
Le financement de cette structure repose sur un partenariat public-privé inédit. Selon les informations confirmées par Bloomberg, le dispositif s’appuie sur un prêt massif de 10 milliards de dollars octroyé par la banque américaine d’import-export (US Exim Bank). Ce montant représente l’un des engagements les plus importants de l’histoire de l’institution.
Pour compléter l’enveloppe, 1,67 milliard de dollars proviennent de capitaux privés, injectés par des sociétés de négoce et des fonds d’investissement spécialisés dans les matières premières. Ce capital d’amorçage doit permettre de lancer immédiatement les opérations d’approvisionnement sur les marchés internationaux.
Sanctuariser l’industrie automobile et la défense
Conçu sur le modèle de la réserve stratégique de pétrole, le Project Vault ne se limite pas aux seuls enjeux militaires. Il s’agit de constituer un « coussin » de sécurité pour les secteurs civils les plus exposés. Les stocks porteront prioritairement sur les terres rares nécessaires à la fabrication d’aimants permanents — comme le néodyme et le praséodyme — mais aussi sur des métaux stratégiques tels que le gallium et le cobalt.