D’après le dernier bilan annuel des douanes, l’industrie française de la cosmétique voit ses exportations reculer pour la première fois depuis près de 20 ans. En cause ? Les droits de douane américains qui font perdre plus d’un demi-milliard d’euros à la filière.« Ce n’est pas dramatique, mais c’est un signal d’alerte à prendre au sérieux », témoigne auprès de La Tribune, Emmanuel Guichard, le délégué général de la Febea, la Fédération des entreprises de la beauté. En 2025, selon les données récoltées par les douanes, les exportations de l’industrie française de la cosmétique ont reculé de 0,1 %, soit 22,5 milliards d’euros contre 22,4 milliards l’année précédente.
« C’est un repli inhabituel pour cette industrie. Depuis de nombreuses années, elles affichent une croissance de 5 à 7 %, chaque année, de ses exportations », regrette le représentant de la filière.
À titre de comparaison, les exportations s’élevaient à 11 milliards d’euros en 2010. Quant à ce repli de 2025, il s’agit ni plus ni moins que de la première contraction des exportations depuis la crise financière mondiale de 2008, hors crise sanitaire. Pour la fédération, l’origine de ce recul est avant tout la guerre commerciale.
Une perte supérieure à 500 millions d’euros
Ce recul de l’activité de cette industrie est avant tout lié à un recul de son débouché commercial américain, les États-Unis étant la première destination pour la cosmétique française. Dans ce sens, ce flux commercial affiche une forte baisse de 19 %, pour s’établir à 2,4 milliards d’euros, soit 541 millions d’euros de moins qu’en 2024. Un coup de massue alors que la Febea s’attendait à une fourchette entre 400 et 500 millions d’euros. De plus, en année pleine, elle s’attend à un effet négatif d’au moins 620 millions d’euros, après avoir commandé une étude auprès d’un cabinet indépendant.