REPORTAGE. Forte de clients prestigieux, l’ETI niortaise Pierre Guerin va revoir son organisation industrielle. Le fabricant de cuves en inox (et équipements associés) pour les industries agroalimentaire, cosmétique et pharma, va investir dans la création d’une usine aux États-Unis.« Depuis juillet , en raison de la politique menée par Trump vis-à-vis des laboratoires. nous avons des dizaines de millions d’euros de projets en Europe mis à l’arrêt voire annulés. C’est assez violent que ce qui se passe dans notre activité », constate, non sans amertume, Philippe Pierre, le directeur général de l’entreprise Pierre Guerin. Cette entreprise, filiale du groupe Equans, est notamment spécialisée dans la conception et la fabrication de cuves en inox pour les industries de l’agroalimentaire, la pharmaceutique, ou encore la cosmétique.
À quelques heures de la tenue à Paris du sommet « Choose France – édition France », censé célébrer les entreprises tricolores qui font le choix d’investir dans le pays, l’entité aux 124 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024 a pris une décision forte pour son avenir. Elle va ouvrir une usine aux États-Unis dans environ deux ans. « Il est absolument vital pour nous de retourner aux États-Unis », justifie le dirigeant qui emploie 600 personnes dont 380 en France. Avant d’ajouter : « 40% du marché de l’équipement des biotechs se trouve là-bas », alors que Pierre Guerin réalise 70% de son chiffre d’affaires dans la pharma et exporte dans 50 pays.
Comme sous-entendu par Philippe Pierre, ce ne seront pas les premiers pas de l’autre côté de l’Atlantique de la société basée à Niort, dans les Deux-Sèvres. Elle y était présente jusqu’en 2022 au travers d’une joint-venture avec un partenaire, mais celle-ci a été dissoute en raison de désaccords stratégiques entre les deux parties. L’équipementier industriel a aussi tenté de racheter une entité américaine, mais l’opération s’est avérée compliquée.
« Finalement, nous nous dirigeons sur la construction d’une usine, similaire à notre unité de production chinoise. Nous allons dans un premier temps mettre en plus une force commerciale, puis des moyens de production. Cela concernera un total de 30 personnes. On parle là d’un investissement de plusieurs millions d’euros que nous allons autofinancer », décrit le directeur général auprès de La Tribune, qui espère ainsi limiter l’impact des droits de douane sur ses comptes et surtout la volatilité du cours euro/dollar.