La course contre la montre pour adapter les vignes au changement climatique
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La « Parcelle 52 », étudiée depuis 2019 par les chercheurs de l’Inrae, près de Bordeaux.
PC/La Tribune
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La « Parcelle 52 », étudiée depuis 2019 par les chercheurs de l’Inrae, près de Bordeaux.
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Arinarnoa, castets, marselan, touriga nacional, alvarinho, liliorila... Ces consonances méditerranéennes tranchent avec les cépages traditionnels des vins de Bordeaux. Pourtant ces six variétés ensoleillées sont déjà cultivées depuis 2020 sur plus de 200 parcelles disséminées dans le plus vaste vignoble de France.
Installé dans le Libournais, Laurent Rousseau est l'un des 168 viticulteurs à tester ces « variétés d'intérêt à des fins d'adaptation » avec du marselan, un hybride entre grenache noir et cabernet sauvignon : « Le marselan s'adapte bien à la sécheresse et est moins sujet aux risques de pourriture. On obtient des rendements convenables et une maturité proche du cabernet sauvignon », explique le vigneron à la tête de 62 hectares. « Cela donne des vins colorés, ronds et fruités qui sont adaptés aux millésimes très pluvieux. »
Car c'est bien là toute la difficulté de la culture de la vigne : aucune année ne se ressemble. Et si le prometteur millésime 2025 est particulièrement chaud et sec, celui de 2024 était au contraire très pluvieux. « Il nous faut au moins dix millésimes pour produire une connaissance solide », prévient ainsi Agnès Destrac Irvine, ingénieure d'études à l'Inrae.
Le vignoble bordelais s'y attèle depuis plusieurs années avec, par exemple, des travaux menés depuis 2018 à la Tour Carnet, dans le Médoc, et une serre confinée installée à Blanquefort l'an dernier. Mais c'est surtout à travers la « Parcelle 52 » plantée dès 2009 à Villenave-d'Ornon, au sein de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae) Nouvelle-Aquitaine, que le sujet a été pris à la racine. Celle-ci réunit 2 600 pieds de 52 cépages issus de Bordeaux, de la méditerranée et de l'Europe du Sud et de l'Est.
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« Débourrement, floraison, véraison, maturité : les évolutions des cépages sont décrites finement chaque année dans une base de données unique au monde », décrit Agnès Destrac Irvine, qui pilote ce projet pour « fournir des données précieuses sur le comportement des cépages bordelais face au dérèglement climatique et l'opportunité d'introduire de nouvelles variétés ».
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