OPINION. « Partage de la valeur : redonner du souffle au contrat social de l’entreprise »
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Dominique Van Moerkercke et Boris Jottreau
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Par Dominique Van Moerkercke et Boris Jottreau (*)
Chaque automne, le même scénario : la discussion budgétaire s’ouvre, les arbitrages s’annoncent serrés, et l’on redoute à nouveau que le pouvoir d’achat des Français en fasse les frais. En 2026 comme en 2025, le sujet ressurgit, entre hausse des prix, fiscalité contrainte et tensions salariales. Et dans ce climat de fragilité, un acteur continue de faire figure de repère : l’entreprise.
Selon la dernière édition de l’étude Fractures françaises, la confiance accordée aux entreprises – et particulièrement aux PME – demeure élevée et stable, là où celle envers les institutions politiques ou les médias s’érode. C’est un fait majeur : dans un pays en perte de repères, l’entreprise reste un pilier de stabilité, un lieu où la parole a encore du poids et où la valeur – au sens plein du terme – se construit collectivement.
Le partage de la valeur n’est pas un slogan, mais un changement de paradigme.
Longtemps perçus comme des outils de rémunération différée, la participation, l’intéressement ou l’épargne salariale s’imposent aujourd’hui comme des instruments de cohésion et de reconnaissance. Ils permettent à chaque salarié de se sentir partie prenante d’un projet commun, d’en percevoir les fruits, et donc de s’y engager davantage.
Ce n’est pas un hasard si les partenaires sociaux ont remis ce sujet au centre du débat ces dernières années. Cinquante ans après les premières lois gaulliennes sur la participation, l’Accord national interprofessionnel de 2023 a marqué un tournant : il a confirmé qu’un dialogue social apaisé pouvait produire des avancées concrètes, bénéfiques à la fois pour les salariés et pour la compétitivité. En réconciliant capital et travail, il a réhabilité une idée simple : la performance économique prend tout son sens quand elle se partage.
À l’heure où l’inflation rogne les salaires et où les perspectives économiques se resserrent, le partage de la valeur agit comme un stabilisateur social.
Il renforce l’adhésion, réduit les tensions, valorise les efforts collectifs. Dans les TPE-PME, il peut faire la différence entre une équipe soudée et une fuite des talents ; dans les grandes entreprises, il contribue à restaurer le lien de confiance entre dirigeants et collaborateurs, qui a pu se distendre au gré des changements d’habitude observés depuis la crise sanitaire.
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Mais pour que cette dynamique profite à tous, il faut lever un verrou majeur : celui de la complexité. Les formalités, les calculs, les démarches administratives rebutent nombre de petites structures. Or, c’est précisément dans ces entreprises de proximité – celles qui font vivre les territoires – que ces dispositifs auraient le plus d’impact.
C’est là qu’interviennent les branches professionnelles, en première ligne pour adapter les dispositifs au terrain. Certaines, comme celle des bureaux d’études techniques, des cabinets d'ingénieurs-conseils et des sociétés de conseils (Betic), ont su développer des solutions simples et prêtes à l’emploi, permettant aux dirigeants de partager la valeur sans négociation complexe ni surcharge administrative.
Ces initiatives montrent la voie : celle d’un partage de la valeur accessible, concret et mutualisé, qui ne demande pas des moyens considérables mais une volonté partagée de reconnaître la contribution de chacun.
Alors que les débats parlementaires questionnent le maintien d’allègements sociaux et fiscaux sur certains dispositifs tels que les activités sociales et culturelles, il est temps de rappeler que le partage de la valeur n’est pas qu’une question de budget : c’est une question de société.
C’est redonner sens au travail, réaffirmer la responsabilité sociale de l’entreprise, et faire du dialogue social un levier d’innovation. Dans un pays où la confiance est devenue rare, ces dispositifs incarnent une promesse simple mais puissante : celle d’un progrès partagé.
Parce que la valeur d’une entreprise ne se mesure pas seulement à ses résultats, mais à la façon dont elle choisit de les partager
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(*) Dominique Van Moerkercke, Vice-Président aux Affaires sociales et à la Formation de la Fédération Cinov, organisation patronale représentative de la branche Betic – ingénierie, conseil et numérique. Diplômé de l’École hôtelière de Paris, Dominique Van Moerkercke a fait toute sa carrière dans la restauration. En 1995, il a fondé Bleu Vert Concepts, une agence d’architecture et d’ingénierie en restauration, dont il est aujourd’hui président. Boris Jottreau, Co-Fondateur de May, solution qui permet aux dirigeants de PME de redonner du pouvoir d’achat à leurs salariés sans alourdir leurs charges. Diplômé d’un magistère en économie et finance, Boris Jottreau s’est investi dans le secteur Fintech. En 2022, il a lancé la plateforme May dans le but de révolutionner la gestion des avantages salariés en France.
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