OPINION. « L’industrie est trop peu mise en avant dans les campagnes municipales »
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Virginie Saks et François Verrecchia
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Par Virginie Saks et François Verrecchia (*)
Ils veulent parler sécurité et pouvoir d’achat… mais ils hésitent à parler d’industrie. Il est vrai que le développement économique n’était pas, il y a encore 10 ans, un sujet habituel pour les maires ; c’est en 2015 que la loi NOTRe accorde la compétence développement économique aux intercommunalités. Les élus locaux sont désormais en première ligne. De plus, l’industrie est l’un des sujets de politique publique locale les plus transpartisans : la feuille de route est claire, les outils aussi. Et les Français aiment les élus qui se battent pour leur territoire.
Alors ceux qui se sont engagés corps et âme pour le retour de l’industrie sur leur territoire auraient tort de se renier. D’abord parce que l'industrie est vectrice d'emploi et l'emploi est vecteur de sécurité : qui a des perspectives d’avenir ne zone pas dans les rues. Ensuite, parce que l’usine au milieu du village fait venir des médecins, elle fait vivre les commerces. Ses nuisances effraient les néo-ruraux ? Peut-être, mais ils ne veulent pas non plus de l’agriculture ni du coq qui chante… À choisir,, engageons les territoires à miser sur le développement économique pour assurer un avenir prometteur à leurs concitoyens.
Les exemples montrent que parler d’industrie est une stratégie électorale gagnante. Prenons l’exemple de Châlons sur Saône, territoire de notre actuel Ministre de l’industrie, Sébastien Martin, qui fut maire et président de l’intercommunalité. Il s’est engagé pour le retour de l’industrie ; il a pris des risques en anticipant la reconversion de fonciers stratégiques et préempté le retour de l’industrie locale pendant de longs mois. Et on en voit le résultat : de vrais projets qui se sont implantés, des promesses d’emploi qui se sont réalisées, une trajectoire politique fulgurante. Considérons aussi Dunkerque, avec son maire Patrice Vergriete qui a fait le même choix. Pas besoin d'être des mêmes bords politiques pour saluer leurs bilans au service du territoire : d'ici 2030, 20 000 nouveaux emplois vont être créés dans le cadre du redéploiement industriel du Dunkerquois. Parlons de Cherbourg dans le Cotentin avec Benoît Arrivé : un territoire peut être tout autant industriel (Naval Group), que maritime et touristique. Enfin, prenons-en pour témoin le récent salon du Made in France qui a battu les records de fréquentation et d’attrait des consommateurs. Ils veulent acheter, voter, vibrer local. L’industrie et la fabrication française ne mentent pas : ce qu’elles produisent sur le territoire se voit et ne s’évanouit pas dans la nature comme le cloud ou les data. L’industrie est bel et bien un sujet fédérateur de fierté locale.
Cependant, dans leur grande majorité, les élus hésitent à s’emparer du sujet et plus généralement du développement économique. Il est vrai que la loi NOTRe, qui attribue la compétence économique aux communautés de communes, est relativement récente (2015) ; à peine le temps pour les élus de trouver la bonne organisation territoriale et de construire un projet de territoire. Pourtant, les élus locaux n’ont pas à souffrir du syndrome de l’imposteur : en effet, le foncier est désormais devenu l’argument économique majeur de différenciation territoriale. Et il s’agit de la compétence historique des communes.
Bien sûr, les territoires ne connaissent pas que des succès ; certaines associations militantes se mobilisent contre des projets industriels qui transforment leur territoire. Mais il faut aussi savoir leur parler de l’utilité de ces projets dans leur quotidien. Quelques conseils pour les élus qui seraient prêts à se lancer :
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(*) Virginie Saks et François Verrecchia, cofondateurs de Compagnum. Virginie Saks est également Directrice exécutive de la filière industrie du futur de l'ESSEC et Senior Advisor de l'ESSEC sur l'industrie.
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