OPINION. « Épargner au service de sa retraite : l’heure d’agir »
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Eric Chancy
Charlene Yves
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Eric Chancy
Charlene Yves
Par Eric Chancy, Directeur général de l’UMR – Groupe VYV
Allongement de l’espérance de vie, incertitudes autour du système par répartition… : la retraite concentre les inquiétudes bien au-delà des débats politiques. Ainsi, 84 % des Français estiment que le recours à l’épargne retraite est indispensable pour compléter leurs revenus futurs. Pourtant, moins de 2 épargnants sur 10 considèrent faire le nécessaire pour s’y préparer. Comment transformer une inquiétude largement partagée en passage à l’action ?
Alors que 72 % des Français se disent préoccupés par leur vie à la retraite et que 59 % des non-épargnants anticipent des revenus insuffisants, 68 % préfèrent pourtant ne pas penser à la retraite tant cette perspective est source d’angoisse. Cette difficulté de compréhension est largement partagée : 6 Français sur 10 déclarent ne pas avoir réellement compris la dernière réforme des retraites. L’inquiétude et le manque de clarté conduisent donc majoritairement à l’évitement.
Même parmi ceux qui déclarent préparer leur retraite, la moitié des épargnants y consacre moins de 100 euros par mois. Un niveau d’épargne qui peut constituer un premier pas encourageant mais qui révèle une anticipation encore limitée face à cet enjeu.
Les Français épargnent pourtant massivement : ils sont 78 % à déclarer mettre régulièrement de l’argent de côté. Mais cette épargne est rarement pensée pour la retraite. La majorité privilégie des produits disponibles (livrets, assurance vie, PEL) pour leur retraite tandis que seuls 29 % font le choix du Plan d’épargne retraite (PER), qui offre pourtant une gestion lisible, un cadre fiscal avantageux et des options de sortie flexibles.
Ce choix par défaut s’explique en grande partie par un manque d’accompagnement : près de deux Français sur trois se disent insuffisamment informés, et plus d’un sur deux n’y a jamais été sensibilisé. Les femmes expriment encore davantage ce déficit d’information : 64 % d’entre elles estiment ne pas disposer d’éléments suffisamment clairs pour préparer leur retraite. À cela s’ajoutent des freins culturels et psychologiques : peur de l’argent bloqué, complexité perçue des offres, crainte de ne pas disposer de marges financières suffisantes.
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Face à cette lacune pédagogique et à la complexité perçue des offres d’épargne retraite, 6 Français sur 10 souhaitent un accompagnement humain, fondé sur des relations de confiance et des conseils adaptés à leur situation réelle. La préparation de la retraite ne peut donc se réduire à des dispositifs techniques, elle doit être expliquée et incarnée.
Lorsqu’ils franchissent le pas, les Français mettent en avant des motivations qui dépassent les seules considérations financières. 40 % des épargnants expliquent ainsi avoir engagé une démarche de préparation de la retraite pour se sentir rassurés face à l’avenir, tandis que 29 % évoquent le besoin d’autonomie et d’indépendance et 40 % citent la peur de manquer d’argent à la retraite.
Le passage à l’action répond avant tout à un besoin de confiance, de lisibilité et de contrôle face à un futur perçu comme incertain. Il ne s’agit pas seulement d’anticiper des revenus, mais de sortir d’une inquiétude diffuse en s’inscrivant dans une démarche structurée de long terme.
Préparer plus tôt et mieux, c’est donc rompre avec l’inaction et faire de l’inquiétude un point de départ, plutôt qu’un frein. À condition de donner aux Français les moyens concrets d’agir, en les accompagnant de manière pédagogique et personnalisée.
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