OPINION. « L’ADEME n’est pas en danger, elle est en mouvement » (Mathieu Lefèvre)
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Le ministre de la Transition Écologique, Mathieu Lefèvre.
REUTERS - Sarah Meyssonnier
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Le ministre de la Transition Écologique, Mathieu Lefèvre.
REUTERS - Sarah Meyssonnier
Par Mathieu Lefèvre, ministre chargé de la Transition écologique
Depuis plusieurs mois, le débat sur l’ADEME est biaisé : entre ceux qui appellent à sa suppression et ceux qui crient au démantèlement, les postures ont pris le pas sur les faits. Il est temps de rétablir la vérité.
Ses équipes, sur le terrain comme dans l’expertise, accompagnent chaque jour les entreprises et les collectivités locales dans leur transformation écologique. Leur travail est remarquable, et je tiens à saluer leur engagement. L’agence est un opérateur public de l’État, et c’est précisément parce qu’elle l’est qu’elle doit agir en synergie avec lui.
L’objectif est clair : simplifier les processus pour que l’action publique soit plus rapide et plus cohérente. Aujourd’hui, les chevauchements entre les missions de l’ADEME et celles des Directions régionales de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) peuvent complexifier les procédures et allonger certains délais. Par exemple, pour dépolluer un site industriel, les échanges nécessaires entre les services peuvent rendre les processus plus longs, alors même que chaque jour compte pour l’environnement et les acteurs économiques. Dans le domaine des déchets, la DREAL et l’ADEME partagent des compétences complémentaires : la première produit des analyses régionales, la seconde dispose d’une expertise fine sur les projets locaux. En les rapprochant, nous permettons à l’État de parler d’une seule voix dans les territoires, avec une vision unifiée sur des enjeux comme l’économie circulaire.
Ce n’est pas un démantèlement, mais une optimisation de l’action publique. L’ADEME conservera son rôle clé dans le financement et l’expertise, tandis que les DREAL piloteront la mise en œuvre opérationnelle, sous l’autorité des préfets. Résultat : moins de bureaucratie, plus d’efficacité.
Le Conseil d’État a rendu son avis sur notre projet de réforme. Les prochaines étapes se poursuivront ans le respect des instances de concertation, avec l’ensemble des organisations syndicales et des représentants du personnels. Le Conseil d’administration extraordinaire de l’ADEME, prévu le 19 mai, et auquel je participerai, constituera également un temps d’échange important sur les modalités de mise en œuvre. La transition écologique ne se fait pas contre les agents publics, mais avec eux, dans le respect de leur expertise et de leur engagement
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Certains parlent de « démantèlement ». C’est une erreur, ou une mauvaise foi. Ou bien ce serait considérer que l’ADEME est une entité indépendante, hors du contrôle du Parlement, ce qui n’est pas le cas. L’ADEME ne sera pas affaiblie mais renforcée par cette réforme car intégrée dans une logique de cohérence et d’efficacité accrue de l’action publique. Un établissement public de l’État doit travailler main dans la main avec l’État local. C’est une évidence. Présenter cela comme une menace, c’est méconnaître le rôle même de l’agence : servir l’intérêt général, avec efficacité et pragmatisme.
La transition écologique est un chantier trop sérieux pour se payer de mots. Elle exige des actes, de la coordination, et une administration agile. C’est le sens de notre réforme. L’ADEME n’est pas en danger. Elle est en mouvement, pour mieux servir la cause écologique.
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