OPINION. « Le numérique et l'Intelligence Artificielle au service de la santé, le défi de la prochaine décennie »
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Jérôme Leleu
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Par Jérôme Leleu, Interaction Healthcare
Aujourd'hui, alors que nous ouvrons la 10ème édition, le constat est sans appel : le numérique n'est plus une option pour les acteurs du système de santé, mais un composant structurant pour l'amélioration du parcours de soins.
À l'horizon 2036, 61 % des soignants estiment, en effet, que les outils digitaux occuperont une place centrale dans leur pratique quotidienne. Mais derrière cette adhésion massive, les résultats croisés de nos deux baromètres exclusifs — menés par Doctoome auprès des patients et par PulseLife auprès des professionnels de santé — révèlent une mutation profonde de notre rapport au soin. L'enjeu n'est plus d'adopter la technologie, mais de l'apprivoiser pour qu'elle reste au service des patients et les professionnels de santé.
Le numérique est désormais une réalité pour la plupart des français, mais selon des modalités très disparates. Si les plus jeunes consomment plus aisément des applications de santé pour suivre leurs paramètres vitaux, les seniors, eux, ont transformé le numérique en un véritable outil de gestion régulière de leur santé. Mon "Espace Santé" est reconnu comme un dispositif très utile pour les patients chroniques, facilitant une coordination autrefois complexe.
Pourtant, cet usage plus important du numérique en santé cache une fracture qui semble persister. En zone rurale, l’usage reste faible pour 77 % des habitants et le frein n'est pas seulement technique : si la confiance règne chez les cadres et commerçants (60 %), la méfiance domine encore chez les agriculteurs et les retraités, souvent par manque d'accompagnement (55 %). Comme le souligne la thématique centrale de notre 10ème édition "Explorer Demain", l'exigence de l'accompagnement et de la formation sont essentiels afin de garantir que l'innovation ne laisse personne sur le bord de la "route numérique".
Du côté des professionnels de santé et des soignants, avec 72 % d'opinions positives, la maturité sur l'adoption du numérique et de l'IA est impressionnante : ils ne demandent plus "si" le numérique est utile, mais plutôt "comment" garantir son utilité dans la pratique clinique.
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L'intelligence artificielle générative s'impose ici comme la grande promesse de la décennie. Jugée comme l'innovation la plus prometteuse par 67 % des répondants - juste après l'imagerie médicale - elle est perçue comme un assistant précieux pour la rédaction (75 %) et un soutien à la décision clinique (51 %). L'IA n'est pas là pour remplacer le médecin, mais bien pour le décharger des tâches administratives chronophages et lui redonner ce qu'il a de plus précieux : du temps avec les patients
C’est ici que se situe le point de vigilance majeur de notre baromètre croisé. Professionnels et patients partagent une crainte commune : la détérioration de la relation humaine. Seuls 34 % des soignants estiment que le numérique améliore leur lien avec le patient, quand 40 % craignent l'inverse. Chez les patients, si 29,3 % voient une amélioration, une proportion quasi équivalente (34,3 %) redoute une déshumanisation du soin.
Le défi de la prochaine décennie pour notre système de santé est donc clair : le numérique doit être un levier d'efficacité, apporter un cadre éthique et de confiance et ainsi une sécurité des données dans un contexte où le besoin de souveraineté numérique est de plus en forte.
En réunissant plus de 95 experts à parité parfaite et 6 000 participants à distance, cette 10ème édition des "Grandes Tendances de la E-santé" confirme que le numérique sera une des clés pour répondre aux enjeux de la santé - Démographie médicale, développement des maladies chroniques, vieillissement,... - avec une médecine plus prédictive, plus personnalisée, et in fine, plus humaine et empathique.
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