• La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Événements
  • L'instant Sélection
Une du journal La Tribune

Dernière édition

Flèche menu déroulant
Newsletters
Logo La Tribune
  • Économie
  • Finance
  • Tech & IA
  • Énergie & industrie
  • Transports
  • Défense & aérospatiale
  • Climat
Logo La Tribune
  • Économie
  • Finance
  • Tech & IA
  • Énergie & industrie
  • Transports
  • Défense & aérospatiale
  • Climat

Sélectionnez votre région

Logo La Tribune

RECHERCHER

Loupe

LTD
La Tribune Dimanche
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre
Air&Cosmos icon
Air&Cosmos
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre

À la une
  • Finances publiques
  • Fiscalité
  • Immobilier
  • Consommation
  • Distribution
  • Politique internationale
  • Finances personnelles
  • Banque & assurances
  • Marchés financiers
  • Intelligence artificielle
  • High tech
  • Télécoms
  • Start-up
  • Énergie
  • Politique industrielle
  • Chimie & pharmacie
  • Automobile
  • Mobilités
  • Aéronautique
  • Défense
  • Spatial
  • Environnement
  • Agriculture & agroalimentaire
Idées & débats
Kiosque numériqueNewsletters
La Tribune DimancheLa Tribune AfriqueAir&Cosmos
  • La Tribune Now
  • Votre argent avec Finance Héros
  • Construire les mobilités de demain
  • Fonction Finance 2.0 avec Cegid
  • Transformations durables avec Forvis Mazars
  • Accélérer avec le Cloud par AWS
  • Fisher Investments
  • Au coeur du business
  • VisionAir avec Bpifrance
  • Adaptabilité permanente : Le pouvoir d’agir avec IBM Consulting
  • Succès d'entreprises avec Deloitte
  • L'Œil sur vos Finances
  • Les Rencontres de Roissy Meaux Aéropôle
  • France Travail accompagne le Salon des Maires
  • La CCI Paris Ile-de-France, le réflexe des entrepreneurs
  • #La Tribune Business Interviews
  • #La Tribune Business Dossiers
  • #La Tribune Business TV
  • Instant Sélection
Événements
Idées & Débats

OPINION. « COP30 : quand la disproportion peut devenir une capture normative »

latribune.fr

Publié le 19 novembre 2025 à 09:05

Véronique Chabourine

Véronique Chabourine

DR

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
LireS'abonner

Les plus lus

  • 1

    Moyen-Orient : la guerre du détroit aura bien lieu

  • 2

    Incendies : Positive Aviation franchit une étape décisive pour transformer un ATR en alternative au Canadair

  • 3

    Pétrole : le Panama va prendre la main sur un oléoduc, « l'une des infrastructures stratégiques les plus importantes du pays »

  • 4

    Cyclisme : du changement dans la direction de l'équipe de Paul Seixas

  • 5

    Saturation du réseau électrique : 2 500 producteurs d’énergie renouvelable dans l’attente de solutions de raccordement

  • 6

    « L'effort concerne tout le monde » : David Amiel, ministre des Comptes publics, alerte sur le budget

Régions

  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne-Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur

La Tribune +

  • Espace abonné
  • Kiosque numérique
  • Annonces légales
  • Déposer vos annonces légales

Services

  • Supplément
  • La Tribune now

Evénements

  • ACT50
  • Aéroforum
  • AIM
  • Bordeaux Solar Summit
  • Family & Business Forum
  • Forum Europe Afrique
  • Impacts Santé
  • Les Lauréates
  • Paris Air Forum
  • Sommet Aéronautique & Spatial de Bordeaux
  • Sommet Économique de la Corse
  • Tech For Future
  • World News Media Congress
  • Tous nos événements en régions

Pour gérer vos consentements,

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

YouTube
LinkedIn
Facebook
Instagram
X

Application mobile

App Store
Google Play

  • Nous Contacter
  • Charte d'indépendance et de déontologie
  • Mentions Légales
  • CGU
  • CGU Pro
  • Gestion des cookies
  • Exercez vos droits
  • Politique de confidentialité

Droits de reproduction et de diffusion réservés @LaTribune

Partenaire digital de confiance - Certification de qualité
  • La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Événements
  • L'instant Sélection
Google icon
Ajouter La Tribune à vos sources préféréesAjouter La Tribune à vos sources préférées
À Belém, la COP30 met en lumière la surreprésentation des acteurs de l’industrie fossile au sein d’un cadre institutionnel encore trop peu normé. Cette disproportion influe subtilement sur la manière dont les orientations climatiques sont formulées et négociées. Restaurer équilibre et transparence devient essentiel pour préserver la crédibilité du multilatéralisme climatique.

Par  Véronique Chabourine, Analyste « soft power »

À Belém, selon la coalition Kick Big Polluters Out, la COP30 s’ouvre avec 1 602 représentants des industries fossiles, soit près d’un participant sur 25 (4% des accrédités). Ce contingent rassemble une trentaine de représentants d’ExxonMobil, Chevron, Shell, TotalEnergies et Eni, près d’une centaine de cadres de compagnies nationales pétrolières, ainsi que des acteurs souvent présentés comme engagés dans la transition, mais dont certaines activités demeurent liées aux filières gazières ou à des carburants fossiles — Volkswagen, Maersk, Orsted ou encore EDF (8 délégués). Ce chiffre fait des acteurs de l’industrie fossile — y compris leurs lobbyistes et représentants officiels accrédités — le premier contingent non étatique du sommet et révèle un déséquilibre structurel, qui s’apparente de plus en plus à une capture multisectorielle. Dans les systèmes démocratiques, le lobbying est un droit ; il permet aux acteurs économiques, sociaux ou scientifiques de faire valoir leurs intérêts, de partager leur expertise et de contribuer au débat public. L’enjeu n’est pas la présence, mais leur proportion, largement supérieure à celle d’autres acteurs du multilatéralisme. Leur nombre dépasse celui de nombreuses délégations nationales. Cette disproportion se traduit structurellement par un accès inégal aux espaces de négociation, aux moments mêmes où se façonnent les compromis.

Si la surreprésentation des acteurs fossiles interroge, c’est surtout parce qu’elle se déploie dans un domaine encore faiblement institutionnalisé : la régulation du lobbying. La « Zone bleue », espace onusien à statut quasi-extraterritorial s’inscrit en dehors des cadres nationaux habituels de transparence et repose sur des mécanismes internes qui demeurent inégaux selon les enjeux.  Selon les ONG de la coalition Kick Big Polluters Out, la transparence y reste limitée. Les listes d’accréditation mentionnent l’organisation affiliée, mais n’exigent aucune information sur les financements, les mandats ou les objectifs poursuivis, ce qui laisse subsister un déficit de transparence au sein d’un processus censé garantir l’intégrité des négociations. Cette zone de moindre transparence est accentuée par le rôle des badges d’État, qui permettent à certains acteurs d’accéder à des espaces où se structurent les compromis. Ce déséquilibre peut créer un biais structurel en faveur des acteurs les mieux dotés : c’est précisément le mécanisme de la capture normative. Les économistes et politistes parlent depuis longtemps de la regulatory capture pour décrire les situations où un secteur parvient à façonner les règles censées le contraindre. Dans les COP, cette logique prend une forme particulière : non plus la capture d’un régulateur national, mais celle du processus même de production des normes climatiques internationales. Elle se distingue à la fois du soft power décrit par Joseph Nye, et du sharp power analysé par le NED ou le V-Dem Institute : ici, l’influence est plus silencieuse, et porte directement sur la fabrique de la norme : la rédaction des articles, la définition des concepts ou la séquence des calendriers. Les travaux sur la gouvernance globale (Robert Keohane, John Ruggie) et sur la puissance structurelle (Susan Strange) avaient déjà montré que la véritable puissance consiste à définir les standards et les agendas. Appliquée aux COP, cette grille de lecture est éclairante : rapports d’ONG et travaux de recherche convergent vers un constat commun. La bataille centrale se joue désormais dans le détail technique des textes et des formulations ambiguës — « transition ordonnée », « neutralité technologique », temporalités diluées ou recours appuyé aux technologies de captage en sont des illustrations parlantes. Comme l’ont montré Henry Farrell et Abraham Newman avec la notion d’interdépendances asymétriques, l’acteur qui domine un réseau institutionnel peut orienter les règles à son avantage sans usage visible de la force. À Belém, la combinaison de trois facteurs — des lacunes d’encadrement de la Zone bleue, la surreprésentation des acteurs fossiles et la possibilité pour certains acteurs d’obtenir des badges d’État — crée précisément ce type d’asymétrie.

L’effet structurel lié au rôle formel des Etats demeure, mais il est influencé par ces dynamiques d’asymétrie. Les ONG, les scientifiques et les représentants des peuples autochtones sont présents, souvent visibles médiatiquement, mais disposent rarement du même accès, ni des mêmes capacités de suivi des textes, ni des relais diplomatiques nécessaires. La norme finale reflète alors moins un compromis pleinement équilibré qu’un rapport de forces inégal au moment du travail d’écriture. La capture normative n’enterre que rarement l’ambition climatique ; elle la désarme progressivement, en déplaçant la contrainte du terrain juridique vers celui des bonnes intentions. Cette dynamique, accumulative et souvent invisible, peut fragiliser à terme la crédibilité de la gouvernance climatique mondiale — et fait de Belém non seulement un sommet de négociation, mais un test de résistance pour le multilatéralisme.

Face à ces dynamiques structurelles, l’enjeu n’est pas d’exclure les acteurs privés, mais de garantir un multilatéralisme où chaque voix pèse à proportion de son rôle, de sa responsabilité et de sa contribution aux biens publics mondiaux. Plusieurs pistes peuvent renforcer cette représentativité sans altérer la dynamique de négociation. La première consisterait à créer un registre international de transparence, géré par le secrétariat de la CCNUCC et inspiré du registre européen ou des standards de l’OCDE, afin d’imposer un socle minimal d’informations sur les mandats, les financements et les objectifs poursuivis en Zone bleue. Une seconde piste serait de réexaminer le régime des badges d’État, en limitant ces accréditations aux personnes explicitement mandatées, en encadrant leur nombre et en exigeant une déclaration formelle de tout acteur non étatique bénéficiant d’un accès diplomatique. Enfin, certains experts proposent d’instaurer des seuils sectoriels de représentativité, afin d’éviter les déséquilibres constatés à Belém et de garantir une composition plus fidèle à l’écosystème de la transition — industries, finance, collectivités, ONG, peuples autochtones, recherche. À cela pourrait s’ajouter une déclaration obligatoire des conseillers privés participant aux négociations techniques, afin de rendre visible un maillon décisif encore largement invisible dans la chaîne d’influence.

Parce qu’une norme climatique peut s’affaiblir lorsqu’elle devient trop malléable sous l’effet d’influences disproportionnées, garantir un accès plus équilibré aux négociations est désormais indispensable pour préserver l’ambition et la crédibilité des COP.

Newsletter

Ma Tribune

L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Illustration de la newsletter Ma Tribune

---

Sources :

  • Report on fossil fuel lobbyists at COP30, Belém. Coalition KBPO.
  • Corporate Accountability (2023). The Big Con: How Big Polluters Shape Climate Talks.
  • Stigler, George (1971). “The Theory of Economic Regulation.” Bell Journal of Economics. 

    Laffont, J.-J. & Tirole, J. (1991). The Politics of Government Decision-Making.

  • Keohane, Robert & Nye, Joseph (1977 / rééd. 2001). Power and Interdependence.
  • Strange, Susan (1988). States and Markets.

  • InfluenceMap (2024). Net Zero: Climate Policy Engagement Annual Report.

  • Farrell, Henry & Newman, Abraham (2019). Of Privacy and Power: The Transatlantic Struggle over Freedom and Security. Princeton University Press.

  • https://unfccc.int/ 

latribune.fr

Sur le même sujet

Sanjay Pulipaka

OPINION. « Souveraineté numérique : l'Europe ne peut plus se contenter de réagir aux ingérences »

Idées & Débats
Sébastien Boussois

OPINION. « Meloni, Takaichi : une nouvelle droite féminine décomplexée au pouvoir »

Pendant des décennies, l’arrivée des femmes aux plus hautes responsabilités a été accompagnée d’une promesse implicite : elles introduiraient une politique plus douce, plus consensuelle, plus horizontale et plus sensible. Comme si l’autorité, la puissance et l’affirmation de l’intérêt national étaient nécessairement des attributs masculins et qu’il fallait desormais tout autre chose pour réussir en politique.

Idées & Débats
Bertrand Piccard

OPINION. « ETS et long-courriers : l’Europe ne doit pas rater l’embarquement »

Alors que la Commission européenne s’apprête à réviser son système d’échange de quotas d’émission (SEQE), l’une des questions importantes qui se posent est de savoir si les vols internationaux doivent rester en dehors du système ou y être enfin intégrés.

Idées & Débats
Gabriel Gaspard

OPINION. « Présidentielle 2027 - dette publique : faut-il changer de paradigme ? »

Les signaux de la Cour des comptes sont tous alarmants. Le débat sur l'endettement de la France enflamme la présidentielle. La dette devient-elle hors de contrôle ? Faut-il des solutions douloureuses ou une vraie alternative à nos finances publiques ?

Idées & Débats
agir

OPINION. « Redonner aux jeunes le pouvoir d’agir : quand entreprendre remet en mouvement »

Par les 25 membres du collectif Entr&prends ton Avenir et 13 représentants de l’écosystème associatif de la jeunesse.

Idées & Débats
Julien Chaverou

OPINION. « Pour un pacte de soutien a l’ameublement français et europeen »

La France et l’Europe ont une histoire longue et remarquable dans le secteur de la décoration et de l’ameublement. Les trois dernières décennies ont changé radicalement les méthodes, les moyens et les habitudes. Aujourd’hui, comme dans la mode, il y a ce sentiment étourdissant que, soudain, tout s’écroule.

Idées & Débats
Amaury Goguel

OPINION. « Et si les grilles d’analyse des Institutions Financières Internationales alimentaient les polycrises ? »

La décision est passée presque inaperçue. Pourtant, en septembre 2025, Pékin a provoqué un véritable séisme silencieux dans la gouvernance mondiale en renonçant officiellement à son statut de « pays en développement » à l’Organisation mondiale du commerce.

Idées & Débats
Sarah Bagnon-Szkoda

OPINION. « CSRD : le reporting de durabilité entre dans son âge de raison »

La CSRD a d’abord été perçue comme une contrainte. Une norme de plus, venant s’ajouter à un environnement réglementaire déjà dense. Sa mise en œuvre a souvent été vécue comme un chantier lourd, technique, coûteux, déployé dans des délais serrés par des entreprises déjà saturées par les obligations de reporting.

Idées & Débats