OPINION. « Solaire sur bâtiment, un vrai levier de compétitivité pour les entreprises »
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Nicolas Bouley
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Par Nicolas Bouley, Directeur général de Virya Energy C&I France (*)
Derrière cette annonce réglementaire se cache une opportunité majeure pour les entreprises. Bâtiments à équiper en toiture, parkings à équiper d’ombrières: des milliers d’hectares de surfaces déjà artificialisées peuvent devenir des actifs énergétiques productifs. Dans un contexte de volatilité extrême des prix de l’électricité le solaire sur bâtiment répond à une double urgence : économique et climatique.
Cette dynamique s’inscrit toutefois dans une transformation plus profonde du secteur, où les mécanismes de soutien actuels amorcent progressivement leur évolution vers des logiques de marché, invitant les acteurs à repenser dès aujourd’hui leurs modèles économiques et opérationnels.
Longtemps perçues comme de simples éléments immobiliers, les grandes toitures représentent aujourd’hui un gisement énergétique considérable. Les valoriser par des installations photovoltaïques de grande puissance permet aux entreprises de réduire leur exposition aux fluctuations des marchés de l’énergie et de sécuriser une partie de leur approvisionnement. Cela représente une véritable assurance énergétique et économique.
Au-delà des économies, ces projets renforcent la performance carbone des sites. Ils contribuent directement aux objectifs de neutralité climatique fixés aux niveaux national et européen, tout en améliorant l’image des entreprises auprès des investisseurs, des clients et des partenaires financiers, de plus en plus attentifs aux engagements ESG. Le solaire devient ainsi un outil de compétitivité et non plus seulement un geste environnemental.
Dans ce contexte, la montée en puissance des solutions de flexibilité – en particulier le stockage par batteries – apparaît comme une évolution structurante, appelée à devenir un standard des projets photovoltaïques afin d’optimiser la valeur de l’énergie produite et de mieux répondre aux besoins du système électrique.
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L’un des éléments structurants de cet appel d’offres réside dans la place accordée à l’autoconsommation, individuelle ou collective. Cette évolution modifie la logique des projets.
Produire pour consommer sur site permet d’optimiser les modèles économiques, en réduisant la dépendance aux achats d’électricité sur le réseau. Pour les industriels aux profils de consommation diurne importants, le photovoltaïque peut couvrir une part significative des besoins énergétiques. Dans les zones d’activités, l’autoconsommation collective ouvre également la voie à des dynamiques territoriales innovantes : mutualisation de la production, synergies entre entreprises voisines, intégration de bornes de recharge ou de solutions de stockage. L’énergie devient un facteur de coopération économique locale.
La transition énergétique des entreprises ne peut plus être différée. Volatilité des coûts de l’énergie, exigences réglementaires croissantes, pression des marchés: tous les signaux convergent. Le nouvel appel d’offres « PV sur bâtiment » offre un cadre clair et structurant. Il appartient désormais aux dirigeants industriels et tertiaires de s’en saisir. Transformer leurs toitures et parkings en centrales solaires n’est plus un pari audacieux ; c’est une décision stratégique rationnelle.
La compétitivité de demain sera aussi énergétique. Les entreprises qui choisiront d’investir dès aujourd’hui dans la production renouvelable sur site prendront un avantage dans la transition qui s’annonce. Les autres risquent de subir les évolutions plutôt que de les anticiper.
Au-delà de ces évolutions, le secteur connaît dès à présent une mutation plus globale vers des modèles intégrés de type « Energy as a Service », dans lesquels la valeur ne réside plus uniquement dans la production d’électricité, mais dans la capacité à piloter, optimiser et valoriser localement l’énergie sur la durée. Cette transformation, déjà à l’œuvre, devrait profondément redéfinir les contours du marché dans les années à venir.
Le solaire sur bâtiment n’est plus une option. C’est un levier concret pour accélérer la transition énergétique des entreprises en France.
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(*) Nicolas Bouley a commencé sa première carrière professionnelle dans l’énergie de 2002 à 2010, au Ministère des Finances, au sein de la DGEC, en tant que haut fonctionnaire, où il a mis en place l’organisation électrique du marché français.Il a ensuite dirigé l’Union Française de l’Électricité, où il a poursuivi son action d’organisation et de représentation des intérêts des acteurs du secteur de l’énergie.Passionné par la réalisation et les grands projets, il a, dans une deuxième période et à partir de 2010, exercé différentes fonctions opérationnelles dans la construction au sein du groupe Vinci en Normandie, en tant que Directeur d’Agence dans un premier temps, puis en tant que Directeur Régional Île-de-France chez Léon Grosse, début 2016. En 2020, Nicolas développe et dirige la nouvelle activité de production d’énergies renouvelables pour le bâtiment, au sein du groupe Léon Grosse, réalisant ainsi la synthèse entre ses expériences professionnelles.Après l'acquisition de Sunopée (groupe Leon Grosse) par Virya Energy en 2022, Nicolas Bouley a intégré le groupe Virya Energy et est actuellement Directeur Général de l'activité Commercial & Industrial Solutions du groupe en France. À ce titre, il pilote le développement de solutions énergétiques, notamment dans le domaine du solaire photovoltaïque, et accompagne les entreprises dans leur transition énergétique.
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