OPINION. « Produire en France, une condition de robustesse économique »
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Catherine Guerniou
GWLADYSLOUISET
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Catherine Guerniou
GWLADYSLOUISET
Par Catherine Guerniou, Dirigeante de La Fenêtrière (*)
Pas une colère excessive, une colère lucide, de celle qui naît du terrain, dans un contexte devenu de plus en plus instable, tendu et contradictoire.
Depuis plusieurs années, les chocs s’accumulent : tensions économiques, incertitudes géopolitiques, hausse des coûts, difficultés de recrutement. À cela s’ajoute un climat social qui évolue profondément. Et au milieu de tout cela, les dirigeants de PME continuent d’avancer, tant bien que mal, en encaissant, en arbitrant, en essayant de tenir.
Et tenir, c’est parfois annoncer à ses équipes qu’il n’y aura pas de prime bilan, non par manque de volonté, mais parce que la réalité économique l’impose. C’est faire des choix : privilégier une augmentation collective, mettre en place un accord d’intéressement pour inscrire l’engagement dans la durée, plutôt que de céder à des réponses immédiates et non pérennes.
Ce qui me frappe, c’est que nous demandons sans cesse plus aux entreprises. Du coup, dans le même temps, cette exigence rejaillit naturellement sur les collaborateurs. C’est un effet miroir : plus on demande aux entreprises, plus celles-ci demandent à leurs équipes. Et cela impacte profondément le rapport au travail.
Dans ce contexte, opposer dirigeants et salariés n’a pas de sens. L’entreprise, ce sont des femmes et des hommes qui avancent ensemble. Dans une période aussi tendue, la seule voie possible est celle de la confiance et de la responsabilité partagée.
Et pourtant, nous continuons à faire évoluer les entreprises dans un cadre qui manque de lisibilité. À force d’ajouter de la complexité, nous épuisons ceux qui produisent et emploient dont je fais partie.
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Aussi, je le dis avec conviction : j’ai fait le choix de la production locale. Produire en France, maîtriser notre approvisionnement, préserver nos savoir-faire demande des efforts et de la constance. Ce n’est pas la voie la plus simple, mais c’est une voie solide.
Plus le monde devient instable, plus cette évidence s’impose : la vraie robustesse est dans le local, dans le maîtrisé, dans le concret.
Il est temps d’en tirer les conséquences. Défendre la production française, ce n’est pas regarder en arrière. C’est répondre aux fragilités du présent. Cela suppose, entre autres, de consommer mieux et d’accepter que la qualité et la proximité ont un prix.
Alors ma question est simple : voulons-nous encore produire en France ?
Si la réponse est oui, alors il faut cesser d’affaiblir ceux qui le font encore.
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(*) Catherine Guerniou est Dirigeante de La Fenêtrière depuis 2005. Elle y a construit un modèle d’entreprise alliant savoir-faire artisanal, performance économique et engagement RSE, salué pour son impact environnemental et social. Dirigeante engagée, elle est notamment Vice-Présidente déléguée de la CPME nationale, Présidente de la transition écologique & RSE à la FFB, « Éclaireure » de la communauté du Coq Vert de Bpifrance, et Conseillère au CESE où elle défend une vision exigeante et humaniste de l’entreprise, centrée sur la transition écologique, l’égalité et l’utilité locale.
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