OPINION. « L’agentic change tous les paradigmes du Web »
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Stéphane Roder
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Par Stéphane Roder, CEO d’AI Builders (*)
La révolution Agentic va bien au-delà de ce que nous pouvions imaginer lorsqu’en Mars 2023 les laboratoires de Google et Princeton nous annoncèrent que ces nouveaux modèles de langage pouvaient raisonner dans un article maintenant célèbre « ReAct (Reasoning and Acting) ». Après avoir démontré leur capacité à équiper des postes de travail et s’intégrer dans les process de l’entreprise, les agents s’immiscent dans notre navigation Internet et en change les principaux paradigmes.
Perplexity avait depuis longtemps annoncé la couleur en se positionnant comme le « prochain navigateur Internet ». Mêlant modèle de langage et navigation Internet ce nouveau type de navigateur avait déjà séduit un grand nombre d’internautes laissant présager une bataille féroce pour le partage du monopole de Google sur les moteurs de recherche avec ses 92% de part de marché. En 2023 déjà, Satya Nadella, le CEO de Microsoft, avait lui-même partager, tout en délicatesse, sa stratégie face caméra « il n’y a rien de trop beau pour casser le monopole de Google ».
C’est donc sur ce chemin que se sont engagés Perplexity et Open AI avec leurs nouveaux navigateurs Comet et Atlas. Non contents de disrupter totalement nos modes de navigation, ces deux acteurs ont choisi de laisser loin derrière les poursuivants en intégrant une nouvelle fonctionnalité que Anthropic nous avait subrepticement montrée en novembre 2024 sous le nom de Computer Use : l’intégration d’agents autonomes dans la navigation. Du jour au lendemain, ces navigateurs que nous commandions fièrement avec nos claviers et nos souris sont devenus capables d’exécuter des tâches de manière autonome, d’aller non seulement consulter un site mais effectuer des actions, remplir un panier, choisir un vol, concocter un voyage et même payer. De navigateur à assistant, il n’y avait qu’un pas que ces éditeurs venus de l’IA sont en train de franchir.
Ce nouveau mode de consommation des services en ligne à un impact beaucoup plus important qu’il n’y parait. En effet, pour se faire, un nouveau protocole appelé MCP (Modèle Context Protocole) est né, permettant aux agents de comprendre le contenu des services proposés et de les utiliser directement comme on utilise une API. L’interaction que nous avions avec ses services appelés Web dans le B2C ou SaaS dans le B2B ne s’effectue non plus essentiellement à travers un humain et son clavier mais directement par un Agent avec le service. Une révolution pour le référencement car comment ces Agents vont-ils choisir ? Open AI, comme les opérateurs Telecom d’antan ou Apple et son AppStore, cherche à nous forcer la main en nouant des partenariats à des coûts prohibitifs pour monétiser son trafic. De la même manière que vont devenir les parcours clients dans lesquels nous avions mis tant d’effort à mettre au point ?
Ces nouveaux modèles de navigation équipés de leurs agents surpuissants discutant en MCP avec les services de manière autonome vont donc entièrement rebattre les cartes d’un Web que nous avons mis 25 ans à construire. Un danger pour les » followers » de tout poil mais une opportunité extraordinaire de prendre de nouvelles positions pour les « first movers » dans un monde où la créativité sera le maître mot comme elle l’est aujourd’hui pour ces nouveaux conquistadors de la navigation Web.
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(*) Créateur de trois start-up à succès après avoir travaillé dans l'industrie des Télécoms, Stéphane Roder est ingénieur Telecom ParisTech 92 et diplômé de Stanford et Coursera en Machine Learning et Deep Learning. Auteur du livre de référence le « Guide pratique de l'intelligence artificielle dans l'entreprise » qu'il publie en 2019, Stéphane Roder est professeur à l'Essec et expert auprès de la Fondation Jean Jaurès.
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