Mort de Giorgio Armani, le couturier qui a redéfini le costume moderne pour tous
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Giorgio Armani a marqué le monde du luxe et de la mode par des choix qui ont pris à contre-pied les usages établis du secteur.
REUTERS/Charles Platiau
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Giorgio Armani a marqué le monde du luxe et de la mode par des choix qui ont pris à contre-pied les usages établis du secteur.
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Le couturier italien Giorgio Armani est mort à l'âge de 91 ans, a annoncé jeudi son groupe de luxe. « Roi » de la mode milanaise, il laisse derrière lui un héritage immense, fruit de cinq décennies d'une quête obsessionnelle d'indépendance. De simple étalagiste à l'un des couturiers les plus riches du monde, son parcours est une leçon de persévérance et de vision, transformant une entreprise familiale en une puissance mondiale de plusieurs milliards de dollars.
L'une des plus grandes contributions de Giorgio Armani à la mode a été sa réinvention de la silhouette professionnelle dans les années 1980. En s'inspirant de la tradition napolitaine, il a popularisé une esthétique plus souple et décontractée. Le costume structuré, à la doublure rigide et aux épaulettes marquées, a laissé place à une coupe fluide, aux épaules douces et aux tissus légers, redéfinissant le « power suit » pour une nouvelle génération d'hommes et de femmes d'affaires.
Cette approche, qualifiée d'abord de « pas assez sérieuse », a rapidement conquis une clientèle exigeante en quête de sophistication subtile. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : l'entreprise, fondée en 1975 avec 10 000 dollars, affichait déjà 135 millions de dollars de ventes en 1982, le propulsant sur la couverture du magazine Time.
Le succès d'Armani ne s'est pas limité à la haute couture. Sa vision du vêtement comme un moyen de transcender les genres — « plus de douceur pour les hommes et plus de force pour les femmes » — a résonné auprès d'un public qui aspirait à l'émancipation et à l'égalité. C'est en partie grâce à son sens du détail et à sa capacité à adapter le style à différents prix et modes de vie, au moyen de lignes comme Mani, Emporio Armani, et Armani Exchange, qu'il a su maintenir son influence sur le marché.
Giorgio Armani a été l'un des premiers stylistes européens à comprendre le pouvoir de la célébrité et de Hollywood. Son rôle dans le film de 1980, American Gigolo, pour lequel il a habillé Richard Gere, a non seulement propulsé sa marque sous les projecteurs, mais a également cimenté la relation entre la mode et le cinéma. En habillant les stars pour les tapis rouges des Oscar et autres événements majeurs, il a créé un nouveau modèle marketing. L'entreprise a habillé des acteurs pour plus de 200 films et des centaines de célébrités pour des événements publics, un investissement qui a rapporté en termes d'image et de visibilité.
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Jusqu'à récemment, l'entreprise continuait de prospérer, avec un chiffre d'affaires de 2,45 milliards d'euros et un bénéfice d'exploitation de 215 millions d'euros en 2023. La capacité d'Armani à se maintenir face aux grands conglomérats français comme LVMH et Kering est remarquable. Son approche de « contrôle total » a souvent été remise en question, mais elle a permis à l'entreprise de conserver son indépendance, un choix qu'il a protégé jusqu'à la fin en créant la Fondation Giorgio-Armani en 2016 pour garantir son autonomie future.
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La question de la succession de Giorgio Armani a agité l'industrie pendant des années. Alors qu'il avait annoncé son intention de se retirer avant de se rétracter, le couturier n'a jamais vraiment nommé de successeur unique. Il avait toutefois mis en place une structure pour l'avenir de son entreprise, avec une équipe de membres de sa famille et d'associés de longue date, dont sa nièce Roberta et sa sœur Silvana, ainsi que son compagnon Leo Dell'Orco.
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