P’tits trucs d’un maxi succès, Deneuve papote, seine de crime... Notre sélection médias de la semaine
« Un p’tit truc en plus, bien plus qu’un film », sur M6, « Paris Police 1910 », sur Canal+, « Les Rencontres du Papotin », sur France 2... Découvrez notre sélection médias de la semaine du 27 avril 2026.
C’est le 9e plus gros succès du cinéma français et un record pour un premier long-métrage. Sorti le 1er mai 2024, le film d’Artus Un p’tit truc en plus a créé la surprise et affolé les compteurs, avec près de 11 millions d’entrées en salles. Après l’avoir diffusé cette semaine – avec 5,5 millions de téléspectateurs à la clé –, M6 joue les prolongations en proposant jeudi en prime time un documentaire baptisé Un p’tit truc en plus, bien plus qu’un film. Au menu : des images inédites des premiers castings, des portraits intimes des comédiens et l’histoire secrète de ce film sur lequel peu misaient au départ.
« Ça a été très compliqué de le monter, rembobinent pour La Tribune Dimanche les producteurs Thierry Wong et Pierre Forette (fondateurs de la société Cine Nomine), qui apparaissent dans le documentaire. Il y avait onze comédiens en situation de handicap, dont la plupart n’avaient jamais tourné, ça faisait peur à beaucoup de financiers qui ne voulaient pas prendre le risque que le film ne soit pas livré. Certains nous ont même expliqué que cela pourrait faire fuir les spectateurs, qui n’osent pas regarder le handicap en face. C’était très choquant d’entendre cela. » Une « méconnaissance et une peur », estime Artus, qui, fort heureusement, n’ont pas eu raison du projet.
« On a commencé le tournage alors que le film n’était pas encore totalement financé, explique-t-il. Dès les premières prises, on a senti qu’il se passait quelque chose. On l’a compris également lors de la “projection test” six mois avant sa sortie, le taux de satisfaction était tellement haut qu’il a fallu recompter plusieurs fois pour en être sûr. Ce dont je suis le plus fier, c’est que l’expression “un p’tit truc en plus” est entrée dans le vocabulaire commun et remplace parfois le mot “handicap”. J’ai eu également beaucoup de retours de personnes qui m’ont dit qu’elles étaient devenues les “stars” de leurs villages alors qu’avant on se moquait d’elles. »
Le comédien Stanislas Carmont – qui campe le personnage d’Alexandre – abonde : « Ce film a changé le regard sur le handicap. Au lieu de se moquer de nous, désormais, les gens rient avec nous. Ça change tout! Je suis toujours très touché quand on vient m’aborder dans la rue pour me parler du film. »
On a dansé, tapé des poses, rigolé et cassé les codes !
Sofian Ribes, acteur.
Dans ce documentaire, on découvre de l’intérieur certaines séquences savoureuses, comme lorsque Emmanuel et Brigitte Macron reçoivent tous les comédiens à l’Élysée. Mais également la montée des marches rock’n’roll lors du Festival de Cannes. « C’était un moment incroyable qui concrétisait cette réussite, glisse l’acteur Sofian Ribes. Artus avait promis de me porter dans ses bras [il se déplace en fauteuil roulant]. On a dansé, tapé des poses, rigolé et cassé les codes! » Et Artus de glisser : « Normalement, à Cannes, quand tu souris, tu es banni à vie du Festival! »
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Désormais, il entend transformer le succès du film – qui aura droit à un remake en Allemagne cet automne – en actions concrètes avec la Fondation Un p’tit truc en plus, dont il est à l’origine : « L’objectif, c’est de créer des maisons de vacances inclusives pour répondre aux besoins des personnes en situation de handicap et de leurs proches. Des espaces chaleureux car, trop souvent, les lieux adaptés ont tendance à ressembler à des hôpitaux. Là, je veux que ça soit comme un hôtel cinq étoiles ou le Club Med pour tous ceux qui ont un p’tit truc en plus! »
« Un p'tit truc en plus, bien plus qu'un film », documentaire d'Emmanuel Le Ber diffusé jeudi à 21 h 10 sur M6. Possibilité de faire un don sur le site Internet de la Fondation Un p'tit truc en plus (Crédits : CAPTURE D'ECRAN/CINE NOMINE)
Seine de crime (4⭐/5)
Après s’être attaqué à la politique dans Paris Police 1900 puis à la condition des femmes dans Paris Police 1905, Fabien Nury achève sa très réussie trilogie historique consacrée à la Belle Époque avec l’un des plus célèbres faits divers parisiens, celui qui a impliqué Marguerite « Meg » Steinheil, surnommée « la pompe funèbre », après que le président de la République Félix Faure a rendu son dernier souffle en son embarrassante compagnie.
La série « Paris Police 1910 » (6 × 52') est diffusée à partir de lundi à 21 heures sur Canal+ (deux épisodes le premier soir puis un par soirée les semaines suivantes). (Crédits : Rémy Grandroques/Tetra Media Fi - Rémy Grandroques/Tetra Media Fiction/CANAL+ - Rémy Grandroques/Tetra Media Fi)
Le premier des six épisodes de Paris Police 1910 débute lorsqu’elle est retrouvée ligotée dans son lit, avec son mari et sa propre mère morts assassinés dans la pièce d’à côté. Une coupable idéale pour beaucoup et le début d’un emballement médiatique transformant cette sordide affaire en feuilleton passionnant les foules.
Comme dans les précédents volets, l’enquête est menée par l’inspecteur Antoine Jouin, campé avec justesse par Jérémie Laheurte. Mention spéciale également pour le comédien Micha Lescot, décoiffant dans le rôle de Labruyère, le rédacteur en chef du journal Le Matin, qui va faire de ce fait divers ses choux gras. Une passionnante réflexion sur l’influence des médias dans la vie judiciaire.
Dans la majestueuse salle du haut conseil de l’Institut du monde arabe où se déroulent Les Rencontres du Papotin, les questions fusent. Toutes plus déroutantes les unes que les autres. Florilège : « Catherine Deneuve, est-ce que tu as crié pendant l’accouchement? », « Est-ce que tu veux faire Questions pour un champion spécial célébrités? », « Est-ce que vous trompez votre conjoint? » ou encore « Qu’est-ce qui t’emmerde dans la vie? ».
« Les Rencontres du Papotin », samedi 2 mai à 20 h 30 sur France 2. (Crédits : Leo Kekemenis/France Télévisions)
Face aux journalistes atypiques du Papotin – tous atteints de troubles du spectre autistique –, l’icône du cinéma français ne se démonte pas. Avec humour, elle se prête au jeu de l’entretien et se livre notamment sur la « plus grande peine » de sa vie : la disparition de sa sœur Françoise Dorléac en 1967, à l’âge de 25 ans. « Je ne m’en suis pas vraiment remise, ça m’arrive encore de rêver d’elle », glisse-telle. Cette discussion est ponctuée par d’émouvants interludes musicaux, comme lorsque la comédienne entonne la chanson de Peau d’âne avec Adah, l’une de ses intervieweuses. Un moment suspendu.