« Bandi », sur Netflix, « Rassemblance », sur TV5Monde+ et YouTube, « 3 Minutes avant la fin du monde », sur Arte… découvrez notre sélection médias de la semaine du 13 avril 2026.
« Bandi », l’île était une fois (4⭐/5)
Si vous vous attendiez à un Bureau des légendes en terre antillaise, passez votre chemin. Avec Bandi – disponible sur Netflix –, Éric Rochant et sa fille Capucine ont concocté une série en tout point différente. L’histoire choc des Lafleur, une fratrie de onze enfants martiniquais âgés de 7 à 25 ans qui se retrouvent du jour au lendemain livrés à eux-mêmes lorsque leur mère décède dans un accident de la route. « Cette disparition les plonge dans une tension entre la nécessité et les valeurs, résume Éric Rochant. Pour certains des enfants, le trafic de drogue est le seul moyen de rester unis comme le voulait leur mère et d’empêcher les petits d’être placés ailleurs. Même si c’est contrevenir à la seconde règle maternelle : ne pas vivre de la drogue. Ce dilemme va créer une vraie scission dans cette famille. »
À la clé, une série de gangsters d’excellent calibre. « En créole, le mot “bandi” a plusieurs significations, explique Capucine Rochant. Ça veut dire “caïd” mais également “débrouillard” ou “intrépide”. » Son principal atout ? Le casting, composé uniquement de comédiens amateurs, dont Djody Grimeau, Rodney Dijon, Ambre Bozza et Cédric Camille. Une claque tant leurs personnages sonnent juste. « On cherchait des jeunes en Martinique, on se doutait bien qu’on n’allait pas trouver des professionnels, confie Capucine Rochant. On a fait un casting auprès de 4000 personnes. Il a été relayé dans les écoles, les associations, les réseaux sociaux. Partout. »
Et son père de se livrer à une confidence : « Ce sont des acteurs bien plus intuitifs que techniques, j’ai retrouvé le même plaisir qu’avec des comédiens du Bureau des légendes comme Sara Giraudeau ou Jean-Pierre Darroussin. Ils font partie de la même famille, celles de ceux qui ne se regardent pas jouer et s’abandonnent totalement. » Réalisée par Éric Rochant, Mathilde Vallet, Khris Burton et Jimmy Laporal-Trésor, la série a été tournée intégralement sur place, par souci d’authenticité. « Ça a duré six mois, souligne Éric Rochant. On a travaillé avec des techniciens locaux. Il y a eu tout un travail de formation et de transmission de notre part, il n’y a pas cinquante séries qui s’y tournent chaque année. Mon rêve serait que des gens de là-bas aient désormais envie de créer à leur tour leur propre série. »
Malgré cette volonté de restituer une Martinique fidèle – avec une partie des dialogues en créole –, la sortie de Bandi s’est accompagnée de quelques critiques, certains reprochant à ses créateurs de réduire les Antilles aux questions de violence et de drogue. « Ceux qui disent ça n’ont pas encore vu Bandi, répond Capucine Rochant. Ça n’est pas l’âme de la série, on y parle de plein d’autres choses, notamment de l’amour fraternel. »
📺 Bandi, série (8 épisodes de 52 minutes) créée et showrunnée par Éric et Capucine Rochant, disponible sur Netflix.
(Ma)gloire au métissage (4⭐/5)
Qu’il semble loin, le trublion superficiel découvert au côté de Michaël Youn dans le Morning Live ou lors de piètres émissions de télé-réalité avec Vincent McDoom. Reset. Dans la série documentaire Rassemblance, diffusée sur TV5 Monde, Magloire Delcros-Varaud s’illustre par sa profondeur.
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Dans cette 4e saison, il part à la rencontre de 20 personnalités issues de 17 pays différents, du Mali à l’Argentine en passant par le Bénin et l’Ouzbékistan. Leur point commun ? Avoir fait de leur double identité une force. À l’image du chef franco-algérien Nabil Zemmouri, mis à l’honneur dans le premier épisode. Fer de lance de la cuisine antigaspi, il n’a pas hésité à faire manger des épluchures de carotte à l’ambassadrice des États-Unis en France lors d’un dîner en son honneur.
On découvre également les destins hors normes de Jérôme Aké Béda, sommelier ivoirien sacré « pape du chasselas » en Suisse, ou encore d’Ali Akbar, vendeur de journaux à la criée pakistanais – cher à La Tribune Dimanche – devenu une figure de Saint-Germain-des-Prés. « L’objectif de ce programme, c’est de mettre en lumière des femmes et des hommes venus d’ailleurs qui, par leurs actions, défont les préjugés », explique aux téléspectateurs Magloire, né en France d’une maman togolaise avant d’être adopté par une Française. Un shoot d’humanité qu’on ne boude pas.
📺 Rassemblance (20 épisodes de 26 minutes), à partir de lundi à 20 heures sur la plateforme TV5Monde+ et YouTube, puis à l’antenne dès le samedi 18 avril à 19h08.
Apocalypse express (4⭐/5)
Que feriez-vous s’il ne vous restait plus que trois minutes à vivre, là, maintenant ? Cette question un poil vertigineuse est le point de départ de la série courte 3 Minutes avant la fin du monde, diffusée à partir de lundi sur la plateforme Arte.tv et les réseaux sociaux de la chaîne franco-allemande. Car une information de la plus haute importance a fuité de l’agence spatiale française : un groupe d’astéroïdes va s’écraser sur Terre, détruisant toute vie humaine.
Dans chacun des dix épisodes – d’une durée de trois minutes, forcément –, on suit les derniers instants d’une famille en voiture, d’un groupe de potes réunis dans un appartement ou encore de deux timides amoureux qui ont rencard pour un ultime ciné. Objectif : ne pas gâcher ces précieux instants et réussir en beauté sa « sortie ».
Mais tout ne se passe pas toujours comme ils l’auraient espéré… Filmée en format vertical, cette série aussi absurde qu’émouvante signée Lucas Brincin peut compter sur une nouvelle génération de comédiens brillants, dont Oulaya Amamra (Divines, La Maison des femmes) mais également des humoristes comme Alex Ramirès ou des créateurs de contenus tels qu’Alexandre Gigow. Rafraîchissant !
📺 3 Minutes avant la fin du monde, série courte (10 épisodes de 3 minutes) créée par Lucas Brincin, sur Arte.