ENTRETIEN – Le comédien crève littéralement l’écran dans le premier volet du film évènement « La Bataille de Gaulle », qui sort ce 3 juin au cinéma.Une pause cigarette, une retouche maquillage et il est prêt. Enchaînant les interviews dans l’un des restaurants de plage du Festival de Cannes, Benoît Magimel est à l’aise : si l’acteur de 52 ans a déjà reçu ici le prix d’interprétation pour La Pianiste de Michael Haneke en 2001, il est venu cette fois-ci pour le rôle marquant du général Kœnig dans La Bataille de Gaulle – L’Âge de fer, premier volet du biopic d’Antonin Baudry sur le Général.
Acteur prolifique, mémorable Momo Groseille dans La vie est un long fleuve tranquille d’Étienne Chatiliez, Benoît Magimel a déjoué le sort qui attend la plupart des « enfants acteurs » – l’oubli – en menant une carrière habilement constituée de films populaires et de cinéma d’auteur (Chabrol, Haneke, Finkiel, Dupieux, Schoendoerffer, Bercot…).
Dans cette vie de cinéma, il a connu les succès, les échecs et les doutes, qu’il soigne en se tenant loin des critiques et des réseaux sociaux. Entretien au soleil avec l’un des acteurs français les plus talentueux de sa génération.
LA TRIBUNE DIMANCHE – Vous avez déjà joué Musset, Louis XIV et maintenant Kœnig. Comment s’y prend-on pour jouer de tels personnages historiques ?
BENOÎT MAGIMEL – Dans le film, on voit surtout Kœnig dans la bataille de Bir Hakeim, qui est folle. Comme tout bon Parisien, je ne connaissais que le pont de Bir-Hakeim : je passais dessus sans me poser de question ! Pour ce genre de rôle, il faut aller chercher l’humain : ses failles, ses peurs, ses blessures d’enfant… Il faut toujours regarder l’enfance des personnages historiques car tout se joue là.