Agathe Lecaron : « Nous, les hypocondriaques, avons longtemps été caricaturés, parfois moqués »
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Agathe Lecaron est animatrice de télévision.
LTD / Sébastien Leban
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Agathe Lecaron est animatrice de télévision.
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Difficile d’imaginer que derrière celle qui affiche la joie de vivre à l’écran depuis plus de vingt ans se cache une hypocondriaque sévère. Pourtant, Agathe Lecaron vit depuis l’enfance avec ce « tumulte intérieur », ce cerveau qui ne s’arrête jamais et ce corps en sursis. Longtemps qualifiée de maladie imaginaire, cette souffrance toucherait près de 8 millions de Français.
Dans son livre Patiente zéro, celle qui a illuminé l’émission La Maison des maternelles pendant neuf ans brise le tabou sur ce trouble mental pas suffisamment pris en compte par la société. Enfant, son livre de chevet s’appelle Symptômes et maladies. Son père, lui-même fils de grand chirurgien, l’appelle « Docteur House » et lui envoie ses bilans sanguins. Avant qu’elle ne nous demande à son tour notre tension, tentons de comprendre ce qui se cache derrière cette angoisse permanente de la maladie.
LA TRIBUNE DIMANCHE – Pourquoi l’hypocondrie est-elle encore si souvent tournée en dérision ?
AGATHE LECARON – Parce qu’on reste prisonnier de l’expression « malade imaginaire ». Dans « imaginaire », on entend tout de suite « elle invente », « ce n’est pas réel ». Donc on minimise. Alors qu’en réalité l’hypocondrie est une vraie souffrance psychologique. Nous avons longtemps été caricaturés, parfois moqués. Dany Boon, qui en souffre lui-même, en a fait une comédie ; Michel Drucker l’évoque souvent avec beaucoup d’humour et de pudeur… mais derrière, il y a une angoisse extrêmement violente. Les hypocondriaques ne sont pas des mythomanes. Quand on dit : « J’ai mal », cette douleur existe réellement. Qu’elle soit physique ou psychosomatique, le corps exprime toujours quelque chose.