Longtemps, la saison de ski semblait écrite d’avance : Noël, parfois un week-end pour les plus chanceux, les vacances de février, puis rideau ! Mais, ces dernières années, la fin de l’hiver se prolonge et s’impose comme une autre manière de vivre la montagne. Moins de foule, des journées qui s’allongent, des terrasses et des pistes baignées de soleil : le ski de printemps rallie de plus en plus d’amateurs.
« L’année dernière, nous avions multiplié par trois nos réservations sur le mois d’avril, indique Cécile Revol, la directrice France de Sunweb, le premier tour-opérateur des Alpes françaises. Cette année, nous progressons encore d’environ 20 %. » Pour elle, le succès tient d’abord à un effet prix.
Après des années de (très) fortes inflations du tourisme en montagne, les séjours de fin de saison restent effectivement bien moins onéreux que ceux des vacances d’hiver, en particulier en ce qui a trait aux hébergements. Bon nombre de stations proposent aussi des réductions sur les forfaits aux dernières semaines d’ouverture. Parmi les bons plans : le Pass Marsien, un forfait valable dans une quarantaine de stations françaises en mars et avril. Il permet de skier à prix réduits à mesure que l’hiver s’achève, et offre des réductions sur les activités après-ski : balnéo, restaurants, VTT…
Car la tendance correspond aussi à une évolution des pratiques. « Le ski d’avril se consomme différemment, constate aussi Cécile Revol. Les clients skient le matin, puis font d’autres activités en famille, et au soleil, l’après-midi, dans une ambiance plus détendue. » Se lever tôt pour profiter du regel nocturne des pistes, puis laisser place, l’après-midi, à d’autres plaisirs : terrasses face aux sommets, randonnée, raquettes, yoga, concerts en plein air.
Les stations ont bien compris l’intérêt de cette saison charnière, et multiplient les divertissements et offres commerciales. Entre grands domaines d’altitude, villages préservés ou événements festifs, sélection, à la faveur de l’excellent enneigement qu’ont connu nos massifs cet hiver, de six spots où riment ski et printemps.
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Seul village de Savoie classé parmi les plus beaux villages de France, Bonneval-sur-Arc offre un tout autre visage de la montagne. Chalets de pierre, ruelles étroites et silence d’un village du bout du monde : bienvenue dans l’ambiance hors du temps de la Haute-Maurienne. Au printemps, la station devient un havre ensoleillé pour les skieurs en quête d’authenticité. Le petit domaine reste skiable tard dans la saison grâce à son altitude élevée (1 850-3 000 mètres), avant que les routes légendaires du col de l’Iseran ou du Mont-Cenis ne rouvrent progressivement.
⛷️ Bon plan : le forfait 6 jours (et plus) donne le droit à une journée de ski sur les domaines des autres stations de l’Espace Haute-Maurienne-Vanoise (Val-Cenis, La Norma, Valfréjus, Aussois, Bessans, sous réserve d’ouvertures).
Dans l’univers du ski hors-piste, La Grave reste une légende. Ici, pas de pistes damées ni de grands complexes touristiques : un téléphérique qui fête cette année ses 50 ans, les glaciers des Écrins, et plus de 2 000 mètres de dénivelé dans les vallons sous le sommet de la Meije (3 983 mètres). Au printemps, les amateurs de freeride viennent profiter de conditions souvent idéales sur les pentes glaciaires des Hautes-Alpes. L’ambiance atteint son apogée début avril avec le célèbre Derby de la Meije, célèbre course où plusieurs centaines de skieurs s’élancent, pour la course ou pour le fun, depuis le sommet du domaine dans une descente vertigineuse vers la vallée.
📆 Fermeture 3 mai 2026 (Derby de la Meije du 2 au 5 avril)
Première station à ouvrir en novembre, Val Thorens, perchée à 2 300 mètres, est aussi souvent l’une des dernières à fermer en mai. Dans une ambiance très internationale (moins de 30 % des skieurs de Val Thorens sont français), le printemps y prend des allures de festival. Concerts en altitude, terrasses pleines et surtout La Grande Dernière, événement de fin de saison mêlant ski, test de matériel, musique et animations sur les pistes… et en dehors.
📆 Fermeture 3 mai 2026 (La Grande Dernière: 2 et 3 mai)
👛 Forfait journée adulte (Val Thorens – Orelle) : 71 euros. Forfait 6 jours adulte : 355 euros (offre 5 jours + 1 jour offert).
⛷️ Bon plan : accès par la vallée de la Maurienne depuis la télécabine d’Orelle, accessible en TGV (Saint-Michel-de-Maurienne – Modane) ou par l’A43.
Face aux aiguilles d’Arves, La Toussuire, sur le domaine des Sybelles, cultive une atmosphère paisible et organise début avril une semaine consacrée au bien-être, à la détente et à la connexion à soi. Baptisée Hygge (prononcez hoo-gah, du nom du fameux concept danois), la semaine mêle ski à tarif réduit les matins avec des activités relaxantes les après-midi : pilates, massages du monde, yoga en tous genres, conférences et ateliers, qi gong, méditation, cours de cuisine ayurvédique et autres…
📆 Fermeture 10 avril 2026 (semaine Hygge du 28 mars au 3 avril)
Sur un balcon plein sud à 1 850 mètres d’altitude, La Rosière reste une valeur sûre du ski de printemps, avec un enneigement excellent cette année. Avec sa voisine valdôtaine de La Thuile, la station forme l’Espace San Bernardo, un domaine franco-italien d’environ 150 kilomètres de pistes où l’on passe la frontière, et le col du Petit-Saint-Bernard, skis aux pieds. Au printemps, l’expérience devient plus méditerranéenne : profiter du soleil et des pistes panoramiques côté français, avant de basculer par de longues descentes sauvages vers La Thuile pour y profiter de la gastronomie italienne.
Cet hiver à l’enneigement abondant dans les Pyrénées redonne aussi des couleurs au ski de printemps côté sud. Avec plus de 100 kilomètres de pistes, le domaine du Grand Tourmalet, qui relie La Mongie et Barèges, reste l’un des plus vastes du massif. Au printemps, la lumière devient spectaculaire face au pic du Midi de Bigorre et son observatoire dominant le domaine à près de 2 900 mètres. Du haut du téléphérique, comme de celui du pic de Taoulet, partent aussi les itinéraires freeride, pour un dernier souffle de liberté printanière.
Dans certaines stations alpines, en particulier en Suisse et en Autriche, la notion de fin de saison devient presque théorique. Grâce à leurs glaciers, des domaines comme Zermatt, Saas-Fee ou Sölden permettent de skier jusqu’au printemps avancé, voire toute l’année pour certaines pistes. En France, trois stations ouvrent aussi leurs glaciers en été, en fonction des conditions : Tignes, Val-d’Isère et les Deux-Alpes.
ℹ️ Les fermetures prévisionnelles des plus grands domaines skiables français pour la saison 2026