Dévoilée le 1er octobre au Jardin des Tuileries à Paris, la collection Dior de Jonathan Anderson explore le langage de la Maison à travers une relecture empathique de son héritage.
De New York à Paris, en passant par Londres et Milan, petit tour d'horizon international des tendances et des temps forts qui ont marqué les défilés des collections printemps-été 2026.
Inaugurée par Saint Laurent avec un show grandiloquent sous la tour Eiffel et un front row de célébrités internationales - Madonna, Zoë Kravitz, Charli XCX, Hailey Bieber ou encore Charlotte Gainsbourg -, suivie par Louis Vuitton (où se pressaient, dans les appartements d'Anne d'Autriche au Louvre, Zendaya et Emma Stone), puis Dior et la première collection femme de JonathanW.
Anderson, attendue comme le messie et observée de près par Rosalia ou encore Charlize Theron installées au premier rang, la semaine de la mode parisienne a démarré sur les chapeaux de roues. Succédant à celles de New York, Londres et Milan, la Fashion Week parisienne porte jusqu'ici cette même énergie singulière observée dans les autres capitales où tout le monde semble se poser la question cruciale : les algorithmes ont-ils uniformisé la mode ?
Que les maisons accueillent une nouvelle direction artistique (Gucci, Dior, Bottega Veneta) ou qu'elles poursuivent avec leur chef de file patrimonial (Prada, Saint Laurent, Louis Vuitton), chacune tente de reconnecter avec son identité. Lors du défilé Vuitton, un mantra était d'ailleurs énoncé par Cate Blanchett : «Le véritable luxe réside dans la liberté de se retrouver soi-même».
Le défilé de Bottega Veneta. (Crédits : LTD/Bottega)
Ainsi, chacune des grandes maisons intègre à sa collection printemps-été2026, ses fondamentaux : des sahariennes et du drame chez Saint Laurent, du baroque futuriste chez Vuitton, du porno chic et des robes du soir transparentes chez Tom Ford, des costumes bien taillés et des matières écoresponsables chez Stella McCartney, des franges et du cuir tressé chez Bottega Veneta...
Chez Dior, JonathanW. Anderson a quant à lui exploré les archives de la maison ainsi que son inépuisable univers créatif. Si de nombreuses silhouettes résonnent avec sa première collection pour l'homme (une cape, une veste à basques en laine verte...) s'inspirant à la fois des épopées à la Maria Grazia Chiuri et de la John Galliano era, JonathanW. Anderson a rendu hommage à tous ses prédécesseurs, Yves Saint-Laurent, Gianfranco Ferré, John Galliano, Raf Simons, Kim Jones, réunis dans une vidéo projetée en introduction du défilé.
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Outre la réhabilitation des basiques, il règne aussi depuis NewYork, Londres, Milan et maintenant à Paris, une ambiance ouverte à la joie -avec des jeux de couleurs-, à l'oisiveté, ou encore à l'opulence. De quoi contrer les sombres années à venir ?
Trois tendances qui tirent leur épingle du jeu :
Colorama. L'été prochain semble se diviser en deux camps, celui de la p(l)age blanche et celui du color block. Passés maîtres dans l'art de l'alliance des couleurs, Miuccia Prada et Raf Simons chez Prada ont ouvert la voie à un été haut en couleurs : du vert néon et olive, du rose satin et du vert sapin, du jaune beurre, du beige et du rouge, du rose fuchsia, du gris et du violet, l'idée est de faire fi des codes couleurs. Fendi, Margiela, Ferragamo, Jil Sander ou encore Tom Ford, maisons pourtant peu enclines aux feux d'artifice chromatiques y ont elles aussi cédé. En parallèle, les silhouettes immaculées font contrepoids. Vues chez Calvin Klein, Carven mais aussi Tod's, Bottega Veneta ou Jil Sander.
Le défilé Louis Vuitton. (Crédits : LTD/LVMH)
Faites dodo. Autre tendance ? Le retour du sleepwear. Pyjamas et lingerie chez Dolce & Gabbana, ensembles en satin chez TheAttico ou Ferragamo donnent envie de troquer ses soirées pyjamas pour les journées. Chez Hodakova, label suédois qui défile à Paris et dont les créations redonnent vie aux objets, les robes se parent d'oreillers, tandis que chez Simone Rocha, ceux-ci deviennent l'accessoire de la saison et calent sous l'aisselle comme un sac à main. L'été au saut du lit, c'est un grand oui.
Héroïnes romantiques. Il paraît que c'est dans les moments de crise que l'on se tourne vers le passé pour y piocher les plus belles reliques. La saison prochaine, sortez donc les crinolines (ce sous-vêtement du XIXesiècle vu chez Simone Rocha ou Erdem, fait de baleines en métal pour faire bouffer les jupes), les dentelles, les manteaux brodés, les corsets et les volants. Pour sa seconde collection chez Dries Van Noten, Julian Klausner maîtrise l'art du mix and match et de la concordance des temps à merveille : volants en molleton, bijoux baroques et imprimés seventies.