ENTRETIEN — Le maire PS de Trèbes, dans l'Aude, explique comment le département, en première ligne face au dérèglement climatique, s’adapte à ces épisodes extrêmes.LA TRIBUNE DIMANCHE — Quelle trace l’incendie de l’été dernier a-t-il laissée dans votre département ?
ERIC MÉNASSI — C’est plus qu’une simple trace. Il y a eu une prise de conscience collective de cette réalité qu’est le changement climatique : 17.000 hectares dévastés, des paysages apocalyptiques au lendemain des feux… C’est un événement qui a marqué les élus et la population. D’autant que le risque était identifié depuis des années et que nous savions que les conditions étaient propices à la survenue de ce type de drame.
Que révèle-t-il des conséquences du changement climatique dans l’Aude ?
Nous devons d’abord être d’accord sur le constat : le changement climatique n’est pas une opinion mais une vérité scientifique. Il impacte notre pays tout entier et plus encore l’arc méditerranéen et le département de l’Aude. Notre territoire devient très vulnérable aux épisodes météorologiques extrêmes, violents et répétitifs.
Avec des vagues de chaleur comme celle que nous connaissons cette semaine, la mer Méditerranée se réchauffe et devient une véritable bouilloire qui va alimenter à l’automne des épisodes méditerranéens intenses. Nous devons construire l’avenir non pas pour lutter contre ce changement climatique, mais pour s’y adapter. Je crois qu’il s’agit là d’une question politique. Que veut-on faire de notre territoire demain ? Et quelles doivent être nos priorités ?
Craignez-vous qu’un incendie similaire se reproduise cet été ici ou ailleurs ?