Précurseur, fédérateur, philosophe... Daniel Balavoine reste une source d'inspiration pour de nombreux jeunes chanteurs.La postérité de Daniel Balavoine se mesure également à l’aune de son influence sur la scène musicale française. Dans son livre Génération Balavoine (Fayard, 2015), Didier Varrod soulignait combien son œuvre avait inspiré une lignée d’artistes, de Redcar (ex-Christine and the Queens) au musicien électro Para One en passant par La Grande Sophie, Cali, et les rappeurs Orelsan, Soprano et Youssoupha. Ce dernier présentera d’ailleurs une création, Amour suprême pour Balavoine, lors de l’Hyper Weekend Festival de Radio France, le 25 janvier. On peut également citer Sam Sauvage (25 ans), Suzane (35 ans) et Victor Le Masne (43 ans). Trois artistes qui ont tous en eux quelque chose de Balavoine.
Pour Sam Sauvage, dont le premier album sort fin janvier, Daniel Balavoine représente une figure de « grand frère ». Il cite spontanément Le Chanteur (1978), son premier tube. « Cette chanson raconte tellement bien notre métier avec sa beauté, ses dangers, la rançon de la gloire. Je l’ai beaucoup écoutée quand j’ai commencé la musique à 15 ans. J’étais seul face à moi-même et elle me donnait du baume au cœur, comme si un ami m’encourageait en me disant : “Vas-y fonce, fais attention aux pièges, mais ça vaut le coup.” »
Une inspiration partagée avec la chanteuse Suzane, sensible à la dimension politique de son répertoire. « La force de Balavoine, c’est qu’il écrivait de grands tubes sur des sujets complexes comme le racisme, la brutalité du monde. Si je me suis autorisée à écrire des chansons à messages comme Virile ou Je t’accuse, c’est grâce à des chansons comme L’Aziza, qui tournait en boucle dans ma playlist quand j’étais adolescente. À sa façon, Balavoine était aussi un philosophe, un journaliste, un sociologue. Et même un héros, souligne la chanteuse originaire d’Avignon (Vaucluse). Il allait au combat pour fédérer, et non pour diviser. Il a fait du bien au peuple français. »