C’est un président affaibli par le conflit en Iran qui se rend la semaine prochaine en Chine. Xi Jinping pourrait en profiter pour obtenir des concessions.Cette fois, il ne pourra pas y échapper. Après avoir repoussé une première fois en mars son déplacement en Chine pour cause de conflit avec l’Iran, Donald Trump se rendra bien dans l’empire du Milieu mercredi 13 mai pour une visite de deux jours. Évidemment, le président aurait préféré en avoir fini avec son « excursion » au Moyen-Orient avant de serrer la main de Xi Jinping, son véritable adversaire sur la scène mondiale.
Quoi qu’il en dise, c’est un Trump diminué qui va débarquer à Pékin. Embourbé dans un conflit aux objectifs et au calendrier flous, il est aussi chahuté sur la scène intérieure, avec une popularité, désormais indexée sur le prix de l’essence, qui décline. Le gallon, estimé à 4,50 dollars, a augmenté de plus de 50 % en deux mois.
« Donald Trump aborde ce rendez-vous en position de faiblesse, confirme Ali Wyne, spécialiste des relations sino-américaines à l’International Crisis Group. D’une part, l’armée américaine a considérablement réduit ses stocks d’intercepteurs de missiles. Les reconstituer nécessitera du gallium, un métal mou dont plus de 90 % de la production mondiale provient de Chine. Et puis, sur le plan diplomatique, les États-Unis auront probablement besoin de la coopération de la Chine pour ramener l’Iran à la table des négociations. »
Pékin a effectivement toujours entretenu de bonnes relations avec Téhéran, à qui il achetait 80 % du brut avant le conflit. Au début du mois, le ministre des Affaires étrangères iranien était encore reçu par le régime communiste. Conscient qu’une issue au conflit et une réouverture du détroit d’Ormuz pourraient passer par Pékin, Donald Trump a changé de ton. Fin avril, il est resté étonnamment calme quand il a sous-entendu que le régime communiste aidait l’Iran à reconstituer son stock d’armement.