Ce que l’on sait de l’opération « Fureur épique » lancée par les États-Unis et Israël sur l’Iran

De la fumée s'élève à la suite à une explosion signalée à Téhéran le 28 février 2026.
LTD/ATTA KENARE / AFP

De la fumée s'élève à la suite à une explosion signalée à Téhéran le 28 février 2026.
LTD/ATTA KENARE / AFP
Samedi, les États-Unis ont lancé à 8h10 (heure locale) des opérations de combat majeures contre l'Iran et appelé le peuple iranien à s'emparer du pouvoir. Cette opération baptisée « Fureur épique », est à l'origine de plusieurs explosions entendues à Téhéran, mais aussi dans plusieurs autres villes : Ispahan, Qom, Karaj, située à l'ouest de Téhéran et à Kermanshah.
Donald Trump a averti les Iraniens que l'opération en cours serait de grande ampleur : « Restez à l'abri. Ne quittez pas vos maisons. Il est très dangereux de sortir. Des bombes vont tomber partout ».
Dans un message vidéo diffusé sur sa plateforme Truth social, le président américain, qui passe le week-end en Floride, a esquissé les objectifs de l'opération : « Nous allons détruire leurs missiles et raser leur industrie de missiles. »
« Notre objectif est de défendre le peuple américain en éliminant des menaces imminentes venues du régime iranien », a-t-il également justifié. À l'intention des Américains, le président, qui n'a pas mentionné dans sa déclaration une quelconque autorisation du Congrès pour l'opération en cours, a averti : « Ils n'auront jamais d'arme nucléaire ». Selon lui, l'Iran tentait de reconstruire son programme nucléaire, visé par des frappes américaines l'an dernier, et voulait développer des missiles à longue portée qui auraient été à terme capable d'atteindre le territoire américain.
Au peuple iranien, le dirigeant républicain a lancé un appel pour renverser le régime : « L'heure de votre liberté est à portée de main. » « Lorsque nous aurons fini, emparez-vous du pouvoir », a-t-il encore dit, affirmant que : « ce sera probablement votre seule chance en plusieurs générations. »
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L'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien, et le président Massoud Pezeshkian font partie des cibles visées par l'attaque américano-israélienne lancée samedi sur l'Iran, rapporte la radio-télévision publique isralienne KAN. Un important dispositif de sécurité a été déployé autour du quartier de la résidence du guide suprême alors que trois explosions ont été entendues dans le secteur et que la fumée se dégage du quartier de Pasteur, où se trouve sa résidence.
Les défenses anti-aériennes et l'arsenal de missiles balistiques de l'Iran ont été considérablement amoindris par les précédents raids israéliens et américain, mais Téhéran conserve des capacité de rétorsion et de harcèlement. À l'issue du conflit de juin, l'armée israélienne avait détruit 70 radars à moyenne et longue portées et 80 des 100 batteries de missiles sol-air iraniennes, constituées de systèmes S-300 d'origine russe et iraniens Bavar-373 et Khordad-15
Le système de déni d'accès iranien, avec son réseau de radars et de batteries sol-air, est « au plus mal, tout ce qui était systèmes de détection à longue portée et systèmes sol-air à moyenne et longue portée a été détruit pendant les différentes campagnes », estime Pierre Razoux, directeur des études de la Fondation méditerranéenne d'études stratégiques (FMES).
Téhéran dispose toujours de 1.500 à 2.000 missiles balistiques de moyenne portée capables de frapper Israël, pointe Farzan Sabet, spécialiste de l'Iran au Geneva Graduate Institute.
Plusieurs explosions ont été entendues à Jérusalem, alors que les autorités israéliennes ont appelé la population à se réfugier dans les abris.
Des tirs de missiles ont visé les bases américaines au Qatar, au Koweït, aux Emirats arabes unis, ainsi que le port d’attache de l’US Navy à Bahreïn, annonce l’agence de presse iranienne Fars.