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Manifestations au Maroc : le roi Mohamed VI en première ligne

Alexandre Aublanc, correspondant à Casablanca

Publié le 05 octobre 2025 à 05:25

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De jeunes marocains manifestent à Casablanca contre la corruption et une meilleure réforme de la santé.

De jeunes marocains manifestent à Casablanca contre la corruption et une meilleure réforme de la santé.

LTD/STR/AP/SIPA

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N143 ● 28 juin 2026

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Après huit jours de manifestations, le mouvement de révolte lancée par le collectif GenZ 212 en appelle à Mohammed VI. Le monarque devrait prendre la parole vendredi.

C’est une lettre de trois pages qui pourrait faire tomber l’exécutif marocain. En écrivant au roi Mohammed VI, jeudi, pour lui demander « la démission du gouvernement », les manifestants placent le Premier ministre, Aziz Akhannouch, dans une position intenable. Alors qu’une fronde d’une partie de la jeunesse enfièvre le royaume depuis huit jours, l’homme d’affaires, troisième fortune du Maroc selon le magazine Forbes, va devoir bouger.

Mais son éventail des possibles est plus que limité. Mettre fin aux fonctions des ministres de la Santé et de l’Éducation, deux secteurs visés au premier chef par les frondeurs ? Ce serait un désaveu cinglant, alors qu’il s’agit de proches qu’il a nommés il y a seulement un an. Se retirer ? Une humiliation pour celui dont la victoire haut la main aux législatives de 2021 a marqué la déroute des islamistes au pouvoir pendant dix ans. Se maintenir ? Un affront pour les manifestants et le risque d’un durcissement de leur mouvement. « Nous arrêterons quand Aziz Akhannouch partira », prévenaient hier les protestataires à nouveau réunis à Casablanca.

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La position de Mohammed VI n’est pas plus confortable. En 2011, le roi et ses conseillers étaient parvenus à contenir le « mouvement du 20 février », version marocaine des printemps arabes, en dialoguant avec les partis, syndicats et organisations qui le composaient. Une nouvelle Constitution puis l’arrivée, avec l’assentiment du Palais, des islamistes à la tête de l’exécutif avaient permis d’éteindre le feu qui couvait. Mais en clamant avoir « perdu confiance dans le gouvernement et le parlement », et en s’adressant directement au souverain, le collectif GenZ 212 à l’origine de la mobilisation met les corps intermédiaires hors jeu, forçant le Palais à se trouver en première ligne face à la gronde.

Alexandre Aublanc, correspondant à Casablanca

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