La Semaine Prochaine, l’Angleterre va connaître une petite révolution. Nommée évêque de Canterbury et donc cheffe de l’Église anglicane en octobre, Sarah Mullally va officiellement être investie mercredi 28 janvier, devenant la première femme à accéder à ce poste. « C’est historique ! s’enthousiasme David Walker, évêque de Manchester et proche de la nouvelle élue. Elle a brisé le plafond de verre. Elle a une pression énorme sur les épaules mais c’est une évolution plus que naturelle. »
Mullally, 63 ans, est une habituée des premières fois. En 1999, elle devient ainsi la plus jeune Britannique à être nommée au prestigieux poste d’infirmière en chef des hôpitaux publics du royaume. Dans ses discours, elle rappelle souvent cette première vie consacrée au soin. L’ex-soignante en oncologie abandonne pourtant ce poste cinq ans plus tard pour entrer dans l’Église d’Angleterre, branche du christianisme qui a rompu avec le catholicisme au XVIe siècle. Elle gravit les échelons de la hiérarchie et, en 2018, devient la première femme évêque de Londres.
Dès la semaine prochaine, Mullally va devoir se pencher au chevet de l’anglicanisme qui, s’il reste la principale religion d’Angleterre avec plus de 1 million de fidèles réguliers revendiqués (et 77 millions dans le monde), est en perte de vitesse. Pas facile tant ses idées libérales ne font pas l’unanimité. « Elle soutient la place des personnes LGBT dans la vie de l’Église, ce qui à l’échelle mondiale est parfois plus controversé que le fait même d’être une femme ordonnée », regrette David Walker.