Pour la dix-septième fois d’affilée depuis l’apparition du virus en 1976, la République démocratique du Congo (RDC) replonge dans son pire cauchemar sanitaire. Déclarée officiellement le 15 mai par le ministère de la Santé après la découverte de décès suspects en Ituri, l’épidémie se propage à une vitesse alarmante. Le dernier bilan au 21 mai fait état de 867 cas suspects, 91 cas confirmés et 177 décès probables.
Trois provinces stratégiques de l’Est sont touchées : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Contrairement aux flambées précédentes dues à la souche Zaïre, largement documentée, cette crise procède de la souche Bundibugyo. Pour ce variant rare, il n’existe aucun vaccin approuvé ni traitement curatif certifié. Les centres de traitement sont déjà saturés, contraignant les malades à rester chez eux. Ce retard de détection et l’inadaptation des tests ont permis au virus de circuler silencieusement plusieurs mois durant.
L’épicentre, situé dans les zones de santé de Mongbwalu et de Rwampara en Ituri, illustre la complexité d’une riposte en zone de guerre. Mongbwalu est une région minière aurifère densément peuplée caractérisée par une forte mobilité. Les flux continus d’orpailleurs agissent comme des vecteurs d’accélération vers la ville de Bunia, plaque tournante connectant l’Ituri à l’Ouganda. L’épidémie a ensuite frappé Butembo, Katwa, Goma, et récemment Miti-Murhesa près de Bukavu, dans le Sud-Kivu.