TÉMOIGNAGE — Dans la nuit du Nouvel An, Victoria, 16 ans, a été parmi les premières à fuir le bar en flammes dans la station suisse de Crans-Montana. Elle mesure sa chance.Quelques heures après le drame, Victoria a avancé son retour à Paris. Dans le train, jeudi soir, avec ses deux amies Emma et Albane, elles n’ont parlé que des images qui leur revenaient de cette soirée de fête qui a viré au cauchemar absolu : « Des conversations lunaires, à tel point que nos voisins dans le wagon nous ont demandé si nous étions des rescapées du bar suisse. » Chez elle, son père l’accueille. « J’ai beaucoup pleuré dans ses bras. Ça m’a fait tellement de bien de le retrouver. J’ai demandé à dormir avec lui », témoigne la jeune fille de 16 ans, « 17 dans un mois », émue. Un chagrin encore agité, comme une mer qui ne se calme pas après la tempête.
Le 31 décembre, une belle journée s’annonçait. Victoria était venue passer quelques jours à la montagne, invitée par une amie dans un chalet situé à une heure de route de Crans-Montana. Réveil vers 8 heures, plusieurs navettes direction Crans, du ski en fin de matinée, la station l’après-midi, un dîner à la pizzeria, puis la place du village pour le décompte : « C’était hyper sympa, il y avait de la musique, un DJ, beaucoup de jeunes. On était au premier rang, on dansait. C’était comme la Fête de la musique de 23 h 30 à 0 h 30 environ. »
Après minuit, le petit groupe de cinq filles, âgées de 16 à 17 ans, décide de poursuivre la soirée dans un bar du centre, le Constellation. Un lieu que Victoria connaît déjà. Elle y est allée l’année précédente : « Pour moi, ce n’était pas vraiment une boîte de nuit. Plutôt un bar dansant, presque un café ; il n’y a pas de piste de danse, par exemple. » Elle y arrive un peu plus tard que ses amies, le temps de quitter sa tenue de ski dans les toilettes d’un autre établissement. Là, elle croise par hasard un groupe de jeunes femmes plus âgées, majeures : « On a sympathisé dans la queue des toilettes. Puis on est entrées dans le bar ensemble. »